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V pour Vendetta

Affiche de V pour Vendetta

V for Vendetta

Réalisé par James McTeigue 

Super-héros - États-Unis - 2005

Aucune diffusion prévue à ce jour.
Au départ, il y a un monument de la bande-dessinée, V pour Vendetta, dix volumes scénarisés par Alan Moore et dessinés par David Lloy ; à l’arrivée, une œuvre cinématographique adaptée par les frères Wachowski et réalisée par James McTeigue, assistant-réalisateur de leurs Matrix ou du Dark City d’Alex Proyas. Et entre les deux, l’inévitable question de la fidélité au matériau original. Bien entendu, le problème de l’adaptation d’un support livresque est aussi ancien que le cinéma lui-même mais, la multiplication, ces dernières années, des adaptations de certaines œuvres majeures du 9ème art aura vu s’adjoindre à cette question complexe une sous-problématique nouvelle, celle de la réappropriation cinématographique d’un univers visuel préexistant. Ou comment respecter le contenu des cases en remplissant les intervalles de mouvement, qui plus est lorsque le support original est déjà une somme littéraire et que la moindre coupe sera interprétée comme une infâme trahison par ses plus fervents admirateurs, impatients mais impitoyables. La solution idéale étant évidemment de poser un œil le plus neutre, le plus neuf possible sur le film, ce qui est d’autant plus facile si on ne connaît pas l’œuvre originale. Ainsi découvert, V pour Vendetta nous aura semblé un divertissement doté d’une certaine habileté mais surtout d’une grande subversion dans son propos. Rappelons le postulat qui anime ce pamphlet d’anticipation : dans un futur proche (en 1997 dans la BD, en 2038 dans le film) et suite à une guerre mondiale ayant décimé l’Europe continentale, l’Amérique et l’Afrique, la Grande-Bretagne s’est isolée, maintenant son statut de puissance internationale mais instaurant pour cela un régime dictatorial, basé sur la peur et prenant comme prétexte la lutte contre le terrorisme pour brider les libertés les plus fondamentales. Gouverné par un Parti unique manipulant la seule chaîne de télévision, le pays a procédé à des politiques d’épurations ethniques, culturelles et sociales ayant annihilé toute marque de différence, toute diversité, tout anticonformisme. Seul résiste, dans l’ombre, un mystérieux homme masqué, se faisant appeler V et se réclamant de Guy Fawkes, membre de la conspiration des Poudres qui avait pour but de faire exploser Westminster Palace le 5 novembre 1605. Eminemment allégorique en des temps où les concepts de paranoïa collective, de politique ultra-sécuritaire et de xénophobie latente demeurent d'une grande actualité, ce postulat est qui plus est sublimé par la figure iconique et troublante d’un vengeur masqué prêt à tout pour sa cause, même à basculer du côté de la terreur. Cette assez inquiétante facette de son protagoniste principale affranchit V pour Vendetta du carcan simpliste de « film contestataire » pour en faire une œuvre complexe qui interroge autant les consciences collectives que les responsabilités individuelles, pose autant la question de l’engagement idéologique que celle de la passivité sociale. Malheureusement, de par sa nature de blockbuster, V pour Vendetta s’avère également assez frustrant, rappelant la propension à l’esbroufe de ces frères Wachowski, capables en tours de passe-passe successifs de conférer à leurs films l’illusion du sens mais d’en esquiver l’approfondissement par leur goût du spectaculaire et de la pyrotechnique. Heureusement, ce sentiment persistant de poudre aux yeux est compensé par quelques scènes qui donnent véritablement matière à voir, à penser, à rêver et à ressentir, notamment le flash-back autour du personnage de Valérie, ou la louable piqûre de rappel sur la nécessité d’un esprit critique incisif dans une société dominée par l’image (tout le visuel, inspiré par quelques unes des pires dérives propagandistes du XXème siècle). Le film se rapproche donc régulièrement d’un 1984 (avec lequel il partage William Hurt) ou d’un Brazil, et s’il n’en possède pas l’impact, s’élève ainsi tranquillement au-dessus de la masse de bon nombre de ses contemporains décérébrés… et décérébrants. Et quand apparaît le générique de fin, l’appétit de contestation aiguisé par cet aimable hors d’œuvre, l’envie est assez irrépressible d’aller consulter l’œuvre originale, non tant pour constater les immanquables divergences (la plupart dans le sens de l’édulcoration, bien entendu) que pour se laisser envahir par l’infinie force d’une œuvre vertigineuse, aux innombrables ressorts. Et à ceux qui se poseraient la question de la justification d’une adaptation cinématographique appauvrissant son support, la réponse figure peut-être dans ces dernières lignes : ne serait-ce que pour inviter le spectateur curieux à dépasser l’efficacité du divertissement visuel et à remonter le courant vers son abondante source, V pour Vendetta est une œuvre bienvenue.

Antoine Royer



Olivier Bitoun Ronny Chester François-Olivier Lefevre Erick Maurel Antoine Royer Franck Suzanne
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Vos commentaires :

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