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La dernière flèche

Affiche de La dernière flèche

Pony Soldier

Réalisé par Jane Campion 

Western - États-Unis - 1952

Aucune diffusion prévue à ce jour.
Après Sweetie, son premier essai aussi agaçant que passionnant, et Un Ange à ma table, un deuxième opus plus apaisé et étonnamment maîtrisé, Jane Campion, réalisatrice surdouée, mettait presque tout le monde d’accord avec son troisième film, récoltant récompenses sur récompenses toutes amplement méritées. Le cinéma néo-zélandais, avec aussi Lee Tamahori (dont le talent a malheureusement totalement disparu en passant à Hollywood), venait ainsi brillamment se montrer sur les devants de la scène cinématographique internationale. The Piano raconte l’histoire d’une veuve muette et passionnée de musique qui débarque avec sa fillette et son piano sur les côtes sauvages de Nouvelle Zélande, où elle doit y rencontrer un colon avec qui on doit la remarier. Son futur époux, ne voulant pas s’encombrer de l’instrument, décide de le laisser sur la plage. Mais un voisin, vivant au contact des Maoris, décide de le ramener chez lui. Il fait un marché avec la jeune femme afin qu’elle puisse récupérer son instrument de musique ; elle devra payer chaque touche noire en se soumettant à ses fantaisies érotiques sous couvert de lui octroyer des leçons de piano... Histoire originale et totalement personnelle écrite par la réalisatrice qui réussit la parfaite synthèse de ses deux premiers films : mélange de lyrisme échevelé, de sensualité exacerbée, d’érotisme et de romanesque, le tout filmé avec virtuosité et poésie, somptueusement photographié. On sent une touche "minellienne" dans le style de Jane Campion, cet accord parfait entre exacerbation et retenue, entre folie et élégance. D’ailleurs, Anna Paquin et son personnage ne sont pas très éloignées de celui Tootie, interprété par Margaret O’Brien dans Meet me in St-Louis, cette petite fille très émotive aux idées morbides qui observe vivre les autres membres de sa famille, réceptacle des émotions d’autrui qui viennent la briser mais en même temps la faire ressortir de ces épreuves presque plus mature que les protagonistes adultes. La Leçon de piano, une sorte de Hauts de Hurlevent sauvage et charnel, pervers et profondément romantique, qui finit d’asseoir la réputation de Jane Campion comme étant l’une des cinéastes les plus douées quand il s’agit de décrire la montée du désir, ici entre Harvey Keitel et Holly Hunter tous deux aussi fabuleux l’un que l’autre. Une œuvre unique, émouvante et troublante qui ne cessera de se rappeler à vous dès que vous réentendrez la magnifique partition composée par le musicien attitré de Peter Greenaway à ses débuts, Michael Nyman qui, n’en déplaise aux puristes, a écrit un véritable chef-d’œuvre au point de le réarranger pour en faire un concerto pour piano pas indigne de certains des plus beaux concertos romantiques. Quant à la cinéaste, elle ne s’est pas reposée sur ses lauriers ; elle a au contraire continué sur sa lancée avec des films plus radicaux, peut-être un peu moins maîtrisés mais tout aussi dignes d’intérêt, que ce soit Portrait de femme, mais surtout Holy Smoke et In The Cut qui sont cependant loin de faire l’unanimité mais qui me sont presque aussi chers.

Erick Maurel



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