| Le Poulpe avait donné le ton deux ans plus tôt, mais c'est en 2002, avec Une affaire privée, qu'éclate vraiment au grand jour le talent de Guillaume Nicloux, réalisateur doué, scénariste et dialoguiste hors-pair, et pour ne rien gâcher, grand directeur d'acteurs. La preuve avec un Thierry Lhermitte magnifique dans le contre-emploi d'une vie, mais aussi avec une épatante galerie de seconds rôles tous plus croquignolets les uns que les autres (Jean-Pierre Daroussin en échangiste blasé, mais aussi Samuel le Bihan, Clovis Cornillac, Philippe Nahon, Aurore Clément, Frédéric Diefenthal, Bruno Todeschini, Jeanne Balibar, Niels Arestrup, Marion Cotillard, Robert Hirsch...). Comme dans le reste de ses (bons) films, ce n'est pas le scénario façon "petit malin" qui impressionne, mais bien cette capacité unique à installer une ambiance "à la Nicloux", soit quelque chose entre le polar poisseux, le spleen éthylique, la violence sourde et, petite touche personnelle mais indispensable, le détachement un rien rigolard. Car entre deux accès de violence, on rit aussi chez Nicloux. Un peu moins dernièrement, quand même, la faute à un Concile de Pierre de triste mémoire, que l'on espère accident de parcours plus que nouvelle voie pour l'un des talents les plus singuliers que le cinéma hexagonal ait accouché ces dix dernières années. |