| Howard Roark, jeune architecte visionnaire, est contraint de travailler comme ouvrier dans une carrière. Il tombe amoureux de Dominique, une riche héritière (superbe Patricia Neal). Quand il est obligé de s’expatrier, ayant enfin trouvé du travail dans sa branche, son amante épouse un magnant de la presse. Plus tard, enfin reconnu dans sa profession, Howard se heurte avec le mari richissime de Dominique, celui-ci attaquant avec virulence dans son journal les conceptions architecturales de son rival de cœur… Adapté assez librement d’un roman de Ayn Rand lui-même fortement inspiré du début de la carrière de l’architecte américain Frank Lloyd Wright (le créateur entre autres de la maison de James Mason en verre et en acier située sur la colline à la fin de North by Northwest de Hitchcok), The Fountainhead s’avère être l’un des plus puissants chefs-d’œuvre de l’histoire du cinéma américain, le film dans lequel le génie de King Vidor est le plus probant. Encore plus « Bigger than Life » que son déjà étonnant et baroque Duel au soleil, à travers le personnage de Howard Roark (joué admirablement par un fascinant Gary Cooper alors que Vidor aurait d'abord préféré Bogart), le cinéaste nous offre une fois encore le portrait d'un ‘surhomme’ exalté et génial, créatif et individualiste forcené, seul contre la multitude, cette dernière n’arrivant pas à voir dans son travail trop avant-gardiste le progrès en marche. Le Dempsey Rae de The Man Without a Star sera fait du même moule. D’une splendeur plastique constante, parfaitement cadré, photographié et monté, une œuvre qui dégage une puissance vraiment surhumaine sans pour autant laisser sur le carreau un paramètre essentiel pour finir de nous clouer à notre fauteuil : l’émotion ! Bref, beaucoup de superlatifs pour ce Rebelle ; superlatifs que j’espère vous ne trouverez plus exagérés après avoir pu découvrir ce monument du cinéma porté par une composition tout aussi inspirée écrite par Max Steiner. Une sorte d’apologie de l’individualisme et de l’accomplissement personnel refusant toutes compromissions. Alors oui, si le message pourra en choquer certains, le lyrisme stupéfiant de la mise en scène de King Vidor transcendant tout devrait pouvoir aisément faire passer la pilule ! |