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Coup de torchon

Affiche de Coup de torchon

Coup de torchon

Réalisé par Bertrand Tavernier 

Policier - France - 1981

Aucune diffusion prévue à ce jour.
Huguette (Stéphane Audran), Nono (Eddy Mitchell), Le Peron (Jean-Pierre Marielle), Marcel Chavasson (Guy Marchand) et les autres : une galerie haute en couleurs de crétins, de beaufs et de racistes fiers de leur inculture et de leur bêtise, croquée avec une vitalité jubilatoire et une ironie corrosive par un Tavernier déchainé adaptant avec une verve jamais prise en défaut, en compagnie de son compère Jean Aurenche, un roman de Jim Thompson, 1280 âmes. Il s’agit de l’histoire d’un représentant de l’ordre veule, conscient de sa lâcheté et de son inefficacité, dégouté de la médiocrité et de la corruption ambiante, qui, après s’être fait rabroué par son supérieur, se sent investi du jour au lendemain d’une mission purificatrice. Philippe Noiret dans le rôle de Cordier, ce "fou de dieu" intelligent, cynique et "monstrueux", pas très éloigné du juge joué par Michel Galabru dans Le Juge et l’assassin, trouve là l’occasion de s’en donner à cœur joie à l’instar des autres acteurs dont ceux déjà cités en début de texte sans oublier Isabelle Huppert dans la peau de Rose, nymphomane à la fois touchante, égoïste et effrayante. Nous assistons donc à un véritable festival de prestations d’acteurs, ces derniers ayant à réciter des dialogues sur-mesure et très souvent hilarants. Une comédie où l’on rit jaune de bout en bout, Tavernier en profitant pour décrire avec un réalisme et une forte dose d'acidité une Afrique coloniale de l’avant Seconde Guerre mondiale peu reluisante. Mais une comédie destinée uniquement à faire rire, aussi réussie soit-elle, s’émousse souvent au fil des visions, ce qui n’est pas le cas de Coup de torchon puisque derrière le rire se dissimule une charge violente contre ce microcosme et une émotion malgré tout bien présente à travers le personnage de Cordier, assez fouillé pour être touchant surtout quand son regard se perd dans les immensités africaines et la complexité de son âme, le spectateur ne sachant jamais s’il faut le haïr ou l’aimer. Tavernier prend aussi son temps pour décrire son petit monde qui ainsi, loin d'être mécanique, demeure au contraire bien vivant bien que méprisable. Et pour couronner le tout, "l’enveloppe" de ce film, à savoir tout ce qui concerne les aspects techniques, est remarquablement soignée : la composition de Philippe Sarde est magnifique, la photographie de Pierre-William Glenn nous fait ressentir la chaleur et l’étouffement de cette ville africaine et le travail de Tavernier derrière sa Steadycam est assez impressionnant (voire le premier plan séquence en travelling d’une grande virtuosité). Parfaitement rythmé et mené, un concentré d’humour noir, un pur régal d’ironie, un sommet de la comédie française d’une force peu commune. Trois ans après, le cinéaste engagé, éclectique au possible, opèrera un virage à 360° pour nous offrir son autre chef-d’œuvre, le poignant et proustien Un Dimanche à la campagne.

Erick Maurel

Adapté par Jean Aurenche et Bertrand Tavernier, l’action du roman 1275 âmes de Jim Thomspon (l’un des plus grands romans noirs qui soit) se trouve transportée du sud des Etats-Unis à Bourkassa-Oubangui, colonie française d’Afrique équatoriale, repère de poltrons, de racistes et de criminels en tous genres. Lucien Cordier (Philippe Noiret), shérif discret et lâche, ne cesse de se faire humilier par des collègues mesquins ou des petites frappes locales et trompé par sa femme (Stéphane Audran) qui entretient sous son toit des relations plus que douteuses avec son frère (Eddy Mitchell). L’arrivée d’une jeune institutrice va réveiller en lui un sentiment de justice. Lucien, cependant, ne décide pas de faire enfin respecter la loi dans ce village où l’amoralité règne en maître, il applique désormais une justice expéditive et absurde qui sert avant sa personne et entend effacer ses frustrations. Petit à petit, il se convainc qu’il est l’instrument de Dieu. Disons le d’entrée, Coup de torchon est l’un des plus grands films français, un pur chef d’œuvre iconoclaste, grinçant, tragique et hilarant. Il y a une incroyable alchimie entre d’un côté un drame métaphysique aux enjeux humains et sociaux d’une incroyable profondeur, et de l’autre une comédie de l’absurde aux dialogues inoubliables et aux numéros d’acteurs anthologiques. Sur ce dernier point, il convient de saluer l’interprétation parfaite de tous les comédiens : outre ceux déjà cités, Isabelle Huppert, Jean-Pierre Marielle, Guy Marchand ou encore Gérard Hernandez livrent parmi leurs plus belles performances. Philippe Noiret quant à lui, est plus que magistral. La profondeur avec laquelle il interprète Lucien en dépasserait presque l’entendement. Coup de torchon est un film d’une noirceur absolue, un film sur la méchanceté et l’ignominie intrinsèque de l’homme, sur l’absurdité du monde, sur un certain désarroi existentialiste, très proche en cela de cette autre adaptation de Jim Thompson qu’est Série noire d’Alain Corneau. Politique coloniale, religion, armée, éducation, famille, justice… toutes les composantes de la société française de la fin des années 30 (et au-delà, le film touchant à l’absolu) passent à la moulinette rageuse de ce pamphlet nihiliste. L’approche humaine est tout aussi pessimiste : hypocrisie, solitude, tromperies… les personnages de Coup de Torchon vivotent dans un monde noir et sans issue. Le film, entièrement tourné à la Steadycam, semble flotter, ouvert à tous les possibles, imprévisible. Mise en scène, rapports entre les personnages, narration… tout est conditionné par l’absurde, tout confère à donner une impression de friabilité. Le sol se dérobe sous les pieds de Lucien tandis que la folie le gagne, tout est branlant dans ce monde de vacheries, de mensonges, de chacun pour soi. La partition magistrale de Philippe Sarde, douloureuse, plaintive, incongrue rajoute à l’étrangeté de l’ensemble. Comme dans tout grand film noir, le genre policier sert à explorer les zones les plus sombres et les moins recommandables de l’homme, sa violence et celle de la société. Et Coup de torchon n’est pas qu’un film noir, il brasse les genres, les styles avec une maestria jamais prise à défaut. Tavernier parvient même à nous submerger d’émotion en mettant en scène le désespoir et la douleur de son ange exterminateur. Cordier se débarrasse d’abord des ordures, enfin ceux qui lui pourrissent la vie. Bientôt ses cibles sont plus simplement des individus simplement abjects mais qui le gênent. Seulement, dans cette frénésie vengeresse, les alibis moraux viennent bientôt à manquer. Cordier doit alors faire appel à des instances supérieures pour pouvoir continuer à avancer, à vivre, se considérant comme Michel Galabru dans Le Juge et l’assassin un simple instrument de Dieu. Mais même alors, Cordier sait qu’il se ment, que ses penchants morbides, destructeurs, cette logique de mort dans laquelle il s’est laissé entraîné, dépassent, et de loin, la seule moralité eusse t-elle été transcendante. Coup de torchon devient alors l’une des plus terrible et touchante chronique de la folie d’un homme. Coup de torchon synthétise tout le cinéma de Tavernier : sa passion pour la littérature américaine, l’intérêt constant porté à l’histoire de la France, notamment à ses pages les plus sombres, son inquiétude quant aux dérives de la religion (Que la fête commence, La Passion Béatrice), ses interrogations sur la notion de justice (Le Juge et l’assassin). Un film complexe, aux multiples enjeux philosophiques, politiques et humains mais qui s’offre au spectateur avec l’évidence et la simplicité d’un film du dimanche soir. Un chef d’œuvre absolu.

Olivier Bitoun



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