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Dark Water

Affiche de Dark Water

Honogurai mizu no soko kara

Réalisé par Hideo Nakata 

Fantastique, Horreur - Japon - 2002

Aucune diffusion prévue à ce jour.
Après le succès colossal de Ring, ses deux suites (Ring 2 et Ring 0, auquel il n’est d’ailleurs pas associé) et Kaosu, Hideo Nakata est devenu le cinéaste emblématique du renouveau du kwaidan egai, le film de fantômes japonais. Seulement à chacune de ses déclarations, Nakata semble désespéré par son assimilation à un genre dont il n’est guère friand, lui qui découvre sur le tard les œuvres majeures du cinéma fantastique et dont le cœur balance plutôt du côté de la comédie romantique ou du drame familial. Cantonné au genre il parvient cependant à réaliser avec Dark Water un véritable drame humain, le portrait d’une japonaise qui doit affronter un quotidien implacable pour une femme divorcée qui doit élever seule son enfant. Alors bien sûr il y a un fantôme, une vengeance, une gamine aux cheveux noirs de jais tombant sur son visage, des apparitions subites… mais la volonté de Nakata n’est pas de susciter la peur, tout juste une angoisse diffuse qui n’est que l’émanation du mal être de son héroïne. Cette volonté de s’émanciper d’un genre dont il est prisonnier ne réussira pas vraiment à Nakata. Dark Water, naviguant entre deux eaux, ne convainc ni les fans de cinéma d’horreur (trop lent), ni les amateurs de drames psychologiques (c’est quoi ce fantôme ?). Du coup le cinéaste replonge dans l’inutile remake américain de Ring 2 et ce sera bientôt Kaidan et Ring 3 (toujours version US). Dommage car malgré sa maestria visuelle et sa capacité à mettre en scène des moments de pure terreur, Dark Water est la preuve éclatante que Nakata est avant tout un cinéaste des angoisses humaines. Dérèglement du quotidien répondant à un dérèglement intérieur, basculement dans la folie, peur des responsabilités, peur d’être mère… autant de thèmes abordés avec sensibilité par Nakata qui nous livre en sus un magnifique portrait de femme. A mi-chemin entre Les Autres d’Alejandro Amenabar et The Hole de Tsai Ming-liang, Dark Water est une œuvre certes bancale, mais qui au travers du prisme du fantastique en dit beaucoup sur la société nippone et sur la place de la femme dans une société patriarcale. Un film passionnant à réévaluer d’urgence !

Olivier Bitoun



Olivier Bitoun Ronny Chester François-Olivier Lefevre Erick Maurel Antoine Royer Franck Suzanne
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