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Le Chant du Missouri

Affiche de Le Chant du Missouri

Meet Me in Saint Louis

Réalisé par Vincente Minnelli 

Musical - États-Unis - 1944

Aucune diffusion prévue à ce jour.
Il n’aura pas fallu longtemps à Vincente Minnelli pour acquérir la célébrité puisque Meet Me in St. Louis n’est alors que son 3ème long métrage. Ses recettes furent 5 fois supérieures au coût de départ (il s’agissait pourtant déjà d’un gros budget) et en 1944, il devient le plus grand succès de l’histoire du cinéma après Autant en emporte le vent de Victor Fleming. La vision de cette vieille Amérique colorée et nostalgique, aux antipodes des métropoles bruyantes et du monde en guerre, fit affluer le public qui s’y rua pour oublier la tragédie de l’époque et surtout les séparations familiales. Grâce à cette réussite financière, et pour notre plus grand bonheur, Vincente Minnelli aura désormais carte blanche pour la suite de sa carrière. Alain Paucard a écrit dans Le guide des films (collection Bouquins) : "Ce pourrait être une bluette affligeante, c’est admirable…Minnelli a déjà maîtrisé ce qui va devenir l’essence de son style, la capacité à transcender le quotidien en un univers merveilleux". En effet, Meet Me in St. Louis est une symphonie en quatre mouvements épousant le rythme des saisons pour conter une chronique exemplaire exaltant les vertus de la vie familiale et le charme idyllique de la vie de province américaine. Chacun d’eux débute par une carte postale désuète montrant la maison des Smith de face en plan d’ensemble et qui, par un subtil fondu enchaîné, se met à vivre comme par magie. Le spectateur entre alors avec son âme d’enfant dans cet univers doucereux et nostalgique, véritable hymne à la douceur du foyer. Il s’agit bien ici d’une vision sacralisée mais aussi très sensible de la vie familiale ; une représentation certes idéalisée à outrance mais qui ne saurait être conservatrice, Minnelli ayant prouvé à de nombreuses reprises par la suite qu’il n’avait pas du tout cette vision du monde. La reconstitution subtile de cette Amérique provinciale a stimulé l’imagination et la sophistication visuelle du réalisateur pour ce qui demeure sa première chronique familiale. Grâce au talent de coloriste du cinéaste, la surcharge décorative souvent critiquée est pourtant un régal pour l’œil et n’empêche à aucun moment de se passionner et de s’émouvoir pour les personnages. Drôle, charmant, tendre mélancolique, fluide, épuré, frais, entraînant, ‘picturalement’ euphorisant, Le Chant du Missouri est tout ceci à la fois.

Erick Maurel

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Olivier Bitoun Ronny Chester François-Olivier Lefevre Erick Maurel Antoine Royer Franck Suzanne
5 5 4 5

: clAssik : À ne pas rater : À découvrir
: À l'occasion : À vos risques et périls : À fuir

Vos commentaires :

5

Il me semble que ce film contient également en filigrane un certain désespoir de Minelli face à la société moderne, représenté tout d'abord par le père de famille, homme moderne et laborieux (contrairement au grand-père qui appartient à un autre temps), profession libérale, qui passe à côté de tout ce que vit sa famille et qui va même jusqu'à risquer de briser le bonheur de ses "proches" pour sa carrière. J'éprouve à chaque fois un pincement quand je vois ce brave homme être toujours à côté de la plaque. La technique ensuite: contrairement au cheval du livreur de glace qui s'arrête même quand il n'y en a plus besoin, le trolley lui n'attend pas l'amoureux d'Esther; le téléphone permet de se parler mais pas de se dire quelquechose, etc... Heureusement les personnages arrivent à rattraper les choses mais vient la fin du film où la modernité (l'Exposition Universelle)s'est parée de ses plus beaux atours pour séduire et l'emporter sur tout, et copmme le dit Esther: "Plus rien ne sera jamais comme avant..."  Pierre-André Roussotte , le Mardi 15 décembre 2009 à 15 h 04


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