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La dernière flèche

Affiche de La dernière flèche

Pony Soldier

Réalisé par Alfred Hitchcock 

Western - États-Unis - 1952

Aucune diffusion prévue à ce jour.
Hitchcock lit dans un article du Santa Cruz Sentinel l’histoire d’un millier d’oiseaux descendus par le conduit d’une cheminée, envahissant une villa et blessant sa propriétaire. L’idée trotte dans la tête du cinéaste qui cherche alors un sujet fort pour donner suite au succès de Psychose. Plus tard, un deuxième entrefilet dans un journal, racontant l’attaque d’oiseaux sur une ville côtière, vient enfoncer le clou. Hitchcock engage alors Evan Hunter (auteur de nombreux romans adaptés au cinéma comme Graine de Violence, Le Cri du cormoran au dessus des jonques ou encore Entre le ciel et l’enfer de Kurosawa) en lui donnant la consigne de lui livrer un script vraiment effrayant en mixant ces histoires à un roman de Daphné du Maurier dont Hitchcock a fait l’acquisition en 1953. Des faits divers pour l’aspect réaliste et une romance à l’eau de rose pour détourner le spectateur en temps voulu. Nulle explication n’est donnée quant à l’origine des nuées d’oiseaux qui fondent sur Bodega Bay, déferlement sauvage et mortel qui plonge la petite ville dans la panique. Chacun y mettra donc ce qu’il veut, parabole politique, écologique ou sexuelle. Hitchcock ne s’en soucie guère, Les Oiseaux étant une nouvelle fois pour lui l’occasion de poursuivre dans sa voie du pur cinéma. La mise en scène d’Hitchcock atteint ici des sommets. La précision du montage, la composition des plans, la progression dramatique parfaite… tout concourt à faire des Oiseaux l’un des films les plus stylistiquement éblouissants du maître. Sa maîtrise du spectateur est à son apothéose : Hitchcock déjoue tout ce que celui-ci peut préméditer, joue sur ses attentes, le frustre lorsque la romance prend le pas sur l’aspect horrifique du film, tout en maintenant un tension constante dans chacune des scènes. Sur les 1500 plans du film, 400 mettent en scène des oiseaux. Robert Boyle (responsable des effets spéciaux sur La Mort aux trousses) va jusqu’à seize surimpressions pour réaliser l’impressionnante séquence finale. Quelques oiseaux mécaniques sont utilisés, mais l’essentiel est filmé avec de vrais animaux (une centaine de rapaces et de mouettes sont dressés pour l’occasion). Tout le budget passant dans les effets spéciaux et le temps de tournage, Hitchcock est contraint de ne pas faire appel à des stars comme à son habitude. Il découvre Tippi Hedren dans une publicité, fasciné par sa chevelure blonde qui lui rappelle Grace Kelly ; elle deviendra un nouveau fantasme pour le cinéaste. On peut d’ailleurs marquer la fin d’Hitchcock à cet amour contrarié. Le tournage de Marnie, où il réemploiera l’actrice, sera marqué par un Hitchcock entreprenant comme jamais, et le cinéaste sombrera dans une déprime qui ne le quittera plus vraiment jamais. Pour l’heure, son génie explose à chaque plan, à chaque séquence. Un art de la mise en scène totale, où la perfection du montage le dispute à la force d’évocation des cadrages et aux expérimentations de la bande sonore. Bernard Hermann compose un accompagnement musical uniquement à base de sons : bruits d’oiseaux, instruments qui s’accordent… une composition originale qui participe pleinement à l’angoisse qui nous étreint d’un bout à l’autre du film. Avec Psychose, Hitchcock posait les bases de décennies de slasher et de films de serial killer. Avec Les Oiseaux, il anticipe la vague des films catastrophe qui vont envahir les écrans dans les années 70. Dans un cas comme dans l’autre, aucune de ses descendances n’atteindra la perfection et le génie de ces deux chefs-d’œuvre absolus du septième art.

Olivier Bitoun



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