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La dernière flèche

Affiche de La dernière flèche

Pony Soldier

Réalisé par Jerry Schatzberg 

Western - États-Unis - 1952

Aucune diffusion prévue à ce jour.
En trois films, Jerry Schatzberg, ancien photographe de mode, s’est imposé comme un cinéaste majeur des années 70. Portrait d’une enfant déchue, Panique à Needle Park (premier grand rôle d’Al Pacino au cinéma, un an avant Le Parrain), L’Epouvantail (Palme d’or à Cannes) : trois films impressionnants de maîtrise, qui regardent en face la société américaine, sans cynisme ni complaisance. Panique à Needle Park, par exemple, parle des ravages de la drogue, alors que nombre de films préfèrent en vanter les vertus libératrices, ce qui valut à Shatzberg des critiques d’une certaine gauche américaine qui voyait en lui un porte-parole de la CIA ! L’Epouvantail suit la dérive de deux paumés qui se rencontrent par hasard sur le bord d’une route. Max (Gene Hackman) vient de sortir de prison et souhaite ouvrir une station service. Lion (Al Pacino) rentre d’un voyage en mer et espère retrouver sa femme qui a donné naissance à un enfant qu’il ne connaît pas. Deux rêveurs qui n’ont pas leur place dans une société de la réussite et de la consommation, société dont ils ne comprennent même pas les codes et les enjeux. Schatzberg capte à merveille l’amitié qui se construit entre les deux hommes. Deux être en errance qui ne partagent pas grand-chose au départ. Leur passé est différent, le futur qu’ils s’imaginent également. Le débit de leurs phrases, leur manière de se mouvoir, les placent sur un registre d’échange qui à priori ne peut pas créer de lien. Or, entre Max le taciturne et Lion le volubile quelque chose advient. Doucement une amitié s’invente. Schatzberg filme de manière très sensible cette rencontre, cette naissance. Il la filme dans la durée, l’inscrit dans l’errance de ses personnages. L’intrigue se plie à cette rencontre, à son rythme. Une conversation peut ainsi se poursuivre tandis que le décor a changé, Schatzberg refusant les diktats narratifs qui veulent qu’un récit soit construit sur une progression dramatique. Le cinéaste n’appuie jamais le pathos des situations, préférant distiller un humour délicat. Il y a ces personnages magnifiquement dépeints, interprétés à la perfection par deux des plus grands acteurs du cinéma américain. Il y a la photographie sublime de Vilmos Zsigmond, ce cinémascope, ces lumières, ces tons automnaux. Il y a de la magie, de la poésie, une profonde mélancolie, de l’espoir… L’Epouvantail est une œuvre majeure, un pur chef-d’œuvre du septième art.

Olivier Bitoun



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