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La dernière flèche

Affiche de La dernière flèche

Pony Soldier

Réalisé par Alfred Hitchcock 

Western - États-Unis - 1952

Aucune diffusion prévue à ce jour.
1956. Année faste pour Alfred Hitchcock qui tourne coup sur coup deux films magnifiques pourtant, à tort, souvent réputés comme mineurs : le délicieux Mais qui a tué Harry et L’Homme qui en savait trop, remake en couleurs d’une de ses propres oeuvres tourné 22 ans plus tôt. « La première version a été faite par un amateur de talent, tandis que la seconde l'a été par un professionnel » disait-il à l’occasion de ses fameux entretiens avec François Truffaut. Nous ne pourrions lui donner tort même si son film pourra paraitre de prime abord mal rythmé, moyennement bien ficelé, techniquement bâclé (ah ces transparences au Maroc mal intégrées mais qui renforcent en fait le côté mystérieux et déstabilisant de ce film, tout comme plus tard ces "ratés fait exprès" auront le même effet dans Les Oiseaux, Marnie et bien d’autres)... C’est qu’Hitchcock, comme à son habitude, ne s’embarrasse guère de vraisemblance esthétique ou scénaristique. En ce qui concerne l’intrigue, le cinéaste prend son temps pour mettre en place son histoire, flâne, fait prendre à son film des allures de comédie familiale ou romantique (très agréable d’ailleurs) pour pouvoir nous rendre attachants ses personnages riches et très bien croqués. Il ne distille ensuite son suspense qu’à petites doses et arrive à faire monter l’angoisse uniquement à l’aide de sa magistrale utilisation des sons, des décors nus et vides (séquence des bruits de pas dans la rue inanimée de Londres), par ses inquiétants plans inclinés ou par l’intrigante position des personnages dans le cadre (ce film fourmille de plans devant lesquels on se sent mal à l’aise). Mais cette histoire d’enlèvement d’un enfant à un couple de touristes américains, et de complot visant à éliminer un important homme d’état, n’intéresse Hitchcock que pour mieux nous décrire la montée de l’angoisse chez des gens simples qui ne cherchaient pas d’histoires et qui se retrouvent du jour au lendemain embringués malgré eux dans une abracadabrante affaire d’espionnage. A cet égard, Hitchcock forme un couple de cinéma qui fonctionne à merveille, celui constitué par un James Stewart toujours impérial et une Doris Day élégante, épatante et qui, grâce à ce rôle et à la chanson Que sera, sera, restera dans les souvenirs cinéphiles du grand public français, alors qu’à côté de cela, elle aura eu une longue filmographie émaillée d’autres films merveilleux mais totalement passés inaperçus de ce côté-ci de l’Atlantique. Sinon, le film est à juste titre réputé pour sa fameuse séquence à l’Albert Hall, peut-être la scène la plus virtuose de la carrière du réalisateur qui n’en est pourtant pas dépourvue. On ne se lasse pas du découpage absolument extraordinaire de ce morceau de bravoure porté par la sublime Storm Cloud Cantata d’Arthur Benjamin, qui nous donne en plus l’occasion de voir Bernard Herrmann la diriger, bonus non négligeable pour tous les fans de ce compositeur de génie. Au moins pour cette séquence, L’Homme qui en savait trop mérite d’être vu. Pour le reste, certains s’y ennuieront certainement mais beaucoup seront constamment surpris par ses ruptures de ton, de ce générique préfigurant l’Albert Hall à cette image finale presque incongrue, faisant penser que nous avons assisté à une comédie anodine, véritable pied de nez d’Hitchcock aux spectateurs qui auraient voulu prendre son intrigue trop au sérieux. Hitchcock ne manquait décidément ni d’humour ni de culot et encore moins de génie !

Erick Maurel



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