| Au XVIIIème, Benjamin Rathery, médecin libertaire et libertin, trouble les bonnes mœurs et la bienséance en soignant gratuitement les démunis et en fustigeant l’étroitesse d’esprit de la bourgeoisie. C’est Jacques Brel qui, le premier, s’intéresse à ce personnage de libre penseur narquois qui heurte les esprits et éveille les sens des femmes, qui place le plaisir au dessus de toute autre considération. Le film à sa sortie fleurait bon la libération des mœurs et choqua les esprits étriqués par une grivoiserie salutaire. Edouard Molinaro, trop vite catalogué comme un petit artisan tout juste capable de trousser quelques comédies racoleuses (La Cage aux folles) savait faire preuve d’un véritable sens du rythme qu’il mettait avec brio au service du polar (Un témoin dans la ville) ou de la comédie (L’Emmerdeur). Car si Mon oncle Benjamin nous enchante toujours autant, on ne le doit pas à la seule interprétation du grand Jacques, mais aussi à l’efficacité de Molinaro qui insuffle à ce récit picaresque un tempo soutenu, enchaînant avec délectation des saynettes réjouissantes et enlevées. Avec sa galerie de seconds rôles, de "trognes" comme Paul Préboist, Robert Dalban ou Bernard Blier, et le plaisir évident pris à ruer dans les brancards, Mon oncle Benjamin est une petite merveille où la satire le dispute à une certaine mélancolie. A redécouvrir ! |