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La dernière flèche

Affiche de La dernière flèche

Pony Soldier

Réalisé par David Lynch 

Western - États-Unis - 1952

Aucune diffusion prévue à ce jour.
Cauchemar, film noir, conte, Blue Velvet navigue à la lisière de différentes contrées. Plus classique dans sa structure que les futures réalisations de Lynch (alors qu’à sa sortie il était considéré comme un objet particulièrement étrange, ce qui permet de mesurer l’évolution des spectateurs quant à l’originalité de ce qui leur est proposé… à ce rythme le soap télé lambda ressemblera bientôt à Mulholland Drive), Blue Velvet séduit toujours autant vingt ans après sa réalisation. Plein de pulsions, de sexe et de violence, le film semble pourtant flotter, créant une atmosphère ouatée dans laquelle on s’enfonce avec délice. La beauté des images et les couleurs vives imprègnent la rétine du spectateur qui s’installe confortablement dans cet univers aussi chaleureux qu’inquiétant. L’atemporalité du film (les années 50 ? aujourd’hui ?) accentue l’immersion dans cet univers étrange que les nappes synthétiques d’Angelo Badalamenti nimbent d’une gangue hypnotique. D’un sujet mille fois rebattu Lynch tire un conte troublant et pervers. Jeffrey Beaumont (impeccable Kyle McLachlan) arrive à Lumberton, une petite ville paisible, bien tenue et peuplée d’habitants accueillants et généreux. Au cours d’une ballade il trouve dans un champ une oreille tranchée. Il décide de mener l’enquête et, au fur et à mesure que les fils se dénouent, la face sombre de Lumberton apparaît et Jeffrey plonge dans un monde cauchemardesque et fascinant. Il est connu que les petits pavillons de banlieues cachent des choses peu avouables, l’affaire est entendue depuis L’Ombre d’un doute d’Alfred Hitchcock et Tim Burton s’en est fait le chantre. Lynch n’utilise guère l’ironie et l’on ne ressent pas ici le dégoût et la peur que ces petites villes inspirent à Burton. Lynch aime cet univers, vision fantasmée d’une certaine Amérique, à la condition que cette apparente harmonie soit contaminée, impure. Lynch est fasciné par la beauté du « mal ». Romantisme, voyeurisme, naïveté et sadisme se mêlent dès lors dans un ballet vénéneux et obsessionnel. Lynch dépasse l’apparente morale du mal tapi dans l’ombre pour nous emporter dans un voyage sulfureux où les frontières s’estompent, où l’on est tour à tour voyeur, petit poucet perdu dans une forêt inquiétante ou loup en mal de sensations fortes. D’une maîtrise visuelle époustouflante, Blue Velvet anticipe l’univers envoûtant de Twin Peaks et les dérives mentales de Mulholland Drive. De film, en film, Lynch a créé un univers cohérent et singulier, et ce au risque d’une systématisation (plus que d’une répétition) des procédés. Si une certaine lassitude peut s’emparer des plus grands admirateurs du cinéaste (ce qui est le cas du rédacteur de ces lignes), Blue Velvet happe à jamais ses spectateurs, à l’image de sa séquence d’ouverture qui voit la caméra plonger dans un gazon immaculé et s’engouffrer dans une terre peuplée de vermine. Impossible d’oublier Franck (Dennis Hopper) et son masque à oxygène hurlant « Mommy », Dorothy Valens, ses velours et sa voix langoureuse qui susurre la chanson éponyme du film. Impossible d’échapper à ces images qui sont parmi les plus saisissantes que le 7ème Art nous ait jamais offertes.

Olivier Bitoun



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