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La dernière flèche

Affiche de La dernière flèche

Pony Soldier

Réalisé par Stanley Kubrick 

Western - États-Unis - 1952

Aucune diffusion prévue à ce jour.
Spartacus est né de la lente sédimentation du travail de plusieurs artistes, d’une longue maturation, de conflits, d’obstacles, superproduction à la genèse difficile et atypique. Spartacus, ce sont les combats d’Anthony Mann, de Stanley Kubrick, de Kirk Douglas et surtout de Dalton Trumbo. Spartacus, c’est l’histoire de la plus grande révolte d’esclaves de la Rome antique. C’est, au moment de sa réalisation, une farouche diatribe contre le maccarthysme. Howard Fast (auteur du roman d’origine) et Dalton Trumbo ont tous deux subi les foudres de la Commission des Activités Anti-américaines. Anthony Mann congédié par Kirk Douglas au bout de deux semaines, c’est Kubrick, qui vient de le diriger dans Les Sentiers de la gloire, qui est appelé pour le remplacer. C’est la première, et la seule fois, de sa carrière que le cinéaste met en scène un projet dont il n’est pas à l’origine. Budget colossal (12 millions de dollars, le recordman Ben Hur en coûtant la même année 15), casting monumental (Laurence Olivier, Jean Simmons, Tony Curtis, Charles Laughton, Peter Ustinov, tous absolument parfaits), tournage des extérieurs en Espagne, imposante figuration (fournie par l’armée espagnole), tout est là pour mettre en place l’un de ces prestigieux péplums dont Hollywood a le secret. Si Kubrick signe des scènes d’actions d’anthologie, d’une perfection formelle hallucinante, faisant de Spartacus une grande épopée à la gloire des insoumis et de la liberté, c’est aussi et surtout une fresque à dimension humaine, une œuvre politique réfléchie et profonde sur l’ordre et la raison d’état, Trumbo analysant la manière dont une révolte peut être récupérée pour asseoir une dictature. Les dialogues sont d’une beauté renversante (Antony Mann trouvait justement que ceux-ci prenaient trop de place) et le film se construit sur des scènes clefs aux implications morales et philosophiques certaines, toutes parfaitement imbriquées dans un récit vaste et d’une richesse insondable. C’est aussi un magnifique film de personnages qui n’hésite pas à aborder le thème tabou de l’homosexualité. On est constamment au côté de Spartacus, il nous emporte auprès de lui, dans cette recréation de Rome totalement immersive. Il est toujours impressionnant de se dire que le vétéran Anthony Mann ait été incapable de gérer une telle production (il laissait par exemple Peter Ustinov diriger quasiment toutes les scènes où il apparaissait) et que Kubrick, alors âgé de 31 ans, parvint à mener cette entreprise de main de maître. Cette valse des réalisateurs témoigne aussi d’un fonctionnement typiquement hollywoodien : le film fini est le seul but et changer de réalisateur en cours de route n’est pas impensable tant la cohérence de l’œuvre est la seule finalité admise. On peut regretter la primauté de l’œuvre sur l’auteur, mais à considérer un film comme un travail collectif (qui est l’auteur de Spartacus ? Trumbo ? Douglas ? Kubrick ?), ce système a au moins le mérite de permettre à un film comme Spartacus d’être ce qu’il est. Kirk Douglas, dès le début de l’entreprise, sait où il va : Spartacus doit être une œuvre dont le spectaculaire permet de faire passer un message humaniste et progressiste. Que l’un ou l’autre de ces aspects soit abandonné ou édulcoré en cours de route, et c’est tout l’édifice qui s’écroule. Kubrick, s’il n’est pas l’instigateur du projet, peut être loué pour avoir mener à bien ce projet ambitieux. Et à comparer Spartacus avec le faste de Ben Hur ou des Dix commandements, œuvres certes impressionnantes mais qui à aucun moment ne peuvent rivaliser avec la complexité et l’intelligence du film de Kubrick, il faut saluer la volonté de fer de l’acteur producteur. Spartacus est un chef-d’œuvre absolu, une œuvre poignante d’une force d’évocation rare. Pas un chef-d’œuvre du genre, non, mais bien un chef-d’œuvre du septième art.

Olivier Bitoun

L'Empire Romain en 69 avant Jésus-Christ. Une révolte de gladiateurs a lieu dans l'école de Capoue dirigée par Batiatus (Peter Ustinov). Un esclave de Thrace, Spartacus (Kirk Douglas), en a pris la tête. Spartacus et son armée se replient sur les flancs du Vésuve où ils déciment la garnison de Rome commandée par Glabrus. Ces événements inquiètent le Sénat puisque ces "révoltés" commencent à faire des émules. Crassus (Laurence Olivier) va hériter de la lourde tâche de devoir châtier tous ces rebelles... C’est Anthony Mann qui commença le tournage de cette superproduction de 12 millions de dollars mais, à la demande du comédien-producteur Kirk douglas, il fut vite remplacé par celui qui l’avait déjà dirigé dans Les Sentiers de la gloire (Paths of Glory), Stanley Kubrick. Il imposa également Dalton Trumbo à l'écriture qui signa ainsi peut-être son plus beau scénario. Par le fait qu’il soit un film de commande, l’on parle souvent de Spartacus comme étant le film le moins personnel de son auteur. Et alors ? Des centaines de films de commande n’en sont pas moins de purs chefs-d’œuvre et Spartacus en fait incontestablement partie. Il s’agit même très probablement (avec le Cléopâtre de Joseph Mankiewicz) du plus beau péplum de l’histoire du cinéma, le plus intelligent, le plus puissant, le moins kitsch et le moins ridiculement grandiloquent. Kubrick filme le tout avec sa géniale perfection habituelle, et nombre de séquences possèdent une force incroyable, comme les combats de gladiateurs ou l’étonnante, par son gigantisme, séquence de bataille réglée au millimètre par le fabuleux cinéaste après que Saul Bass l’ait conçue graphiquement. Ce qui le distingue aussi des autres péplums, c'est son histoire d’amour profondément touchante grâce à la superbe écriture des deux personnages interprétés par Kirk Douglas et la ravissante Jean Simmons. Rien de mièvre dans cette romance supportée magnifiquement par une partition pour le moins très inspirée et assez moderne d’Alex North. La photographie, les costumes et les décors sont somptueux et que dire du casting si ce n’est qu’il est prestigieux ! Aux côtés du couple touchant ci-avant évoqué, nous y trouvons Peter Ustinov, Tony Curtis, Charles Laughton, John Gavin, Herbert Lom, John Ireland, Woody Stroode…et j’en passe. Du beau et grand spectacle flamboyant et progressiste au message qui sera toujours d’actualité.

Erick Maurel



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