| Allemagne, un camp de prisonniers militaires pendant la Deuxième Guerre mondiale. Composés majoritairement de soldats d’outre-Manche et d’outre-Atlantique, les détenus vaquent à leurs occupations habituelles qui consistent principalement à préparer des plans d’évasion conformément au devoir de tout militaire digne de ce nom. Leur ingéniosité est régulièrement mise à l’épreuve tant les soldats allemands font preuve d’une surveillance pointilleuse. Les prisonniers ont pour distraction principale le football. Une idée saugrenue vient à l’esprit de l’état-major allemand : opposer une équipe de prisonniers, dans laquelle se trouvent bon nombre de sportifs professionnels appelés sous les drapeaux, à l’équipe nationale allemande, dans un but évident de propagande. Le match aura lieu dans le stade de Colombes à Paris. Les responsables anglais y voient l’opportunité d’organiser un plan d’évasion massif des joueurs. Le capitaine américain Hatch, qui prévoyait une évasion en solitaire est contraint d’intégrer l’équipe malgré son incapacité criante à jouer au football, afin de nouer contact avec la Résistance française, au grand dam du capitaine Colby qui voit d’un mauvais œil l’utilisation de ce match dans cette optique. Mais l’opération est lancée… La diffusion de ce film tombe à point nommé alors que la Coupe du Monde de football 2006 touche à sa fin et que le suspense des derniers matchs ne fait qu’augmenter. On ne trompera personne en affirmant que A nous la victoire est un grand film ! On sait bien d’ailleurs que John Huston alternait grandes œuvres dans lesquelles le cinéaste s’impliquait profondément et petits films qui lui permettaient de trouver un intérêt autre qu’au tournage de ces derniers. Ce film de guerre, appartenant à un sous-genre de ce dernier le « film d’évasion » est une sorte de sous-Grande Evasion (John Sturges, 1963) sympathique. Mais il est devenu un peu culte depuis sa sortie en salles pour un certain nombre de personnes, aussi bien férues de cinéma que de football. L’improbabilité du scénario, voire son ridicule, et la mise en scène moyennement inspirée malgré quelques jolies séquences, importent peu. Voir réunir sur la même affiche Michael Caine, Sylvester Stallone (en gardien de but ! !), Max Von Sydow, Pelé et d’autres grandes gloires du football international de l’époque (Ardiles, Bobby Moore, Van Himst, etc.) a quelque chose de réellement jubilatoire ! Le match concluant le film (événement rarement filmé au cinéma, bien que très loin d’un quelconque réalisme sportif… le foot est-il impossible à mettre en scène ?) apporte son lot d’émotions et de rires (Anton Diffring en commentateur nazi avec sa boîte à applaudissements !). On sent que les comédiens ont pris plaisir à faire ce film et le spectateur footeux prendra peut-être également le sien. Mais j’admets m’adresser d’abord à ceux connaissant déjà A nous la victoire. Que les autres que j’ai rendus curieux me pardonnent !… |