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La dernière flèche

Affiche de La dernière flèche

Pony Soldier

Réalisé par Alfred Hitchcock 

Western - États-Unis - 1952

Aucune diffusion prévue à ce jour.
Les deux précédentes réalisations d’Hitchcock, Le Rideau déchiré et Topaz, sont des échecs publics et critiques qui viennent creuser l'écart entre les studios et celui qui pendant longtemps a su capter le spectateur comme aucun autre. Hitchcock est fatigué, usé, malade et ses plus proches collaborateurs ne sont plus là (il a évincé Bernard Herrmann sur Torn Curtain, Robert Burks son chef opérateur attitré depuis L’Inconnu du Nord-Express est décédé…). Ne trouvant plus vraiment sa place dans le système de production hollywoodien, Hitchcock jette son dévolu sur un roman anglais et retourne dans son pays natal tourner Frenzy (il reprend le titre d’un projet avorté). Mais l’Angleterre n’est pas un moyen de se refaire une santé, la promesse d'une deuxième jeunesse. Hitchcock sait qu’il n’en a plus le temps et Frenzy devient au contraire l’une de ses œuvres les plus sombres et les plus dures. Frenzy décrit un monde fermé où assassins et policiers se côtoient, où tout tourne autour de crimes crapuleux sans qu'il ne puisse exister d'échappatoire ou de hors champ salvateur. Hitchcock prend pour cadre un Londres miséreux, filmé de manière crue, penchant réaliste et social que l'on n'a guère l'habitude de trouver chez lui. La pauvreté, le prolétariat, les visages, les appartements, tout nous ramène à une réalité sordide rendue seulement supportable par un humour omniprésent. On retrouve dans Frenzy les thèmes chers à Hitchock : l’innocent accusé, le tueur en série, la traque... mais en nous dévoilant très tôt le visage du criminel, Hitchcock évacue le suspense inhérent au genre pour ne plus s’interesser qu’à ses personnages, tous parfaitement interprétés par des inconnus. Film audacieux, violent, Frenzy déjoue nos attentes, explore de nouvelles pistes de mise en scène (ce qui est d’habitude relégué dans le hors champ envahit l’écran, comme la tétanisante scène de strangulation presque pornographique), propose une image grisâtre, des situations obscènes. Hitchcock ne s’est jamais reposé sur ses acquis, il a toujours été mû par une soif d’innovation, par un désir de cinéma jamais éteint. Avec Frenzy, il explore le grotesque, l’exagération, le ridicule avec la hargne d’un jeune homme de vingt cinq ans. L’année suivante avec Sœurs de sang, Brian De Palma reprendra en quelque sorte le flambeau de cette veine dérangeante, baroque et expressionniste du maître. Frenzy est très bien accueilli par la presse, et les spectateurs offrent un joli succès à Hitchcock, mais celui-ci ne réalisera plus qu’une œuvre avant de s’éteindre.

Olivier Bitoun



Olivier Bitoun Ronny Chester François-Olivier Lefevre Erick Maurel Antoine Royer Franck Suzanne
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