| Le Grand sommeil est surtout réputé pour la confusion extrême de son intrigue ; que ceci ne vous rebute pas car là encore, il ne s’agit pas de l’essentiel, la légende voulant que Hawks et les scénaristes (Jules Furthman, Leigh Brackett et William Faulkner) n’aient pas tout compris et que même Chandler ne connaissait pas l’assassin ! L’atmosphère de ses romans est en tout cas rendue à merveille, la photographie de Sid Hickox y étant pour beaucoup, et comme le voulait le réalisateur, chaque scène fonctionne parfaitement indépendamment l’une de l’autre, une preuve supplémentaire que l’intrigue passe au second plan. L’interprétation, les dialogues et la conduite du scénario sont tellement irréprochables que chaque séquence apporte son lot de réjouissances : humour, culot, action, romantisme… Ajoutons à ça une splendide partition de Max Steiner et des seconds rôles remarquablement bien choisis et, même si le terme pourra sembler galvaudé, vous vous retrouvez devant l’un des grands chefs-d’œuvre du film noir. |