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Adieu ma jolie

Affiche de Adieu ma jolie

Murder my Sweet

Réalisé par Edward Dmytryk 

Film noir - États-Unis - 1944

Aucune diffusion prévue à ce jour.
La RKO était sans aucun doute l'un des studios les plus intéressants sur le plan du film noir, grâce à un style souvent concis et à quelques cinéastes talentueux capables d'allier rythme et beauté esthétique. Richard Fleischer, Robert Wise, Nicholas Ray, entres autres... mais aussi Edward Dmytryk. Le résultat est un vivier de films à redécouvrir impérativement. Cet Adieu ma jolie constitue la première incursion du personnage de Philip Marlowe dans le cinéma hollywoodien, que l’on peut considérer comme étant la meilleure après Le Grand sommeil de Howard Hawks. Le scénario est tortueux à souhait, les personnages complexes et ambigus, les situations souvent délicates et l'humour cynique bien présent (comme en témoignent les nombreuses répliques piquantes de Marlowe). Le personnage est très justement incarné par Dick Powell, sortant ici des sentiers battus qui ont fait sa gloire, c'est-à-dire la comédie musicale. En détective privé dur à cuire, il s'avère plus que convaincant, et nuance son jeu par de nombreuses réactions assez subtiles. Il n'est ni meilleur ni moins bon que Humphrey Bogart, mais juste différent. Deux interprétations de toute évidence très intelligentes d'un même personnage. Il faut également souligner un remarquable travail sur l'atmosphère (un Los Angeles nocturne du plus bel effet), appuyé par une photographie contrastée, de très belles transparences en bord de mer, une mise en scène intelligente et une musique parfois très fine, avec ses quelques nappes de violons soulignant le mystère d'une ville prête à engloutir ses personnages. Ne manquent bien sûr ni les maisons bourgeoises cachant des secrets, ni les night-clubs enfumés où se promène notre héros. Remarquons au passage que Philip Marlowe est ici particulièrement malmené par le récit, qui pousse les limites jusqu’à une certaine idée du masochisme. En outre, et cela bien avant l’excellent French Connection II réalisé par John Frankenheimer, Dmytryk se paie le luxe de transformer son personnage principal en camé l’espace d’une séquence brillante et parfaitement équilibrée. S’il n’est pas aussi sec et abouti sur le plan thématique que son Crossfire, ce film demeure toutefois l’un des meilleurs de son auteur. Une réussite presque totale, menée par une équipe technique chevronnée ainsi qu'un acteur idéal.

Julien Léonard



Olivier Bitoun Ronny Chester François-Olivier Lefevre Erick Maurel Antoine Royer Franck Suzanne
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