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Cruising - La Chasse

Affiche de Cruising - La Chasse

Cruising

Réalisé par William Friedkin 

Policier - États-Unis - 1980

Aucune diffusion prévue à ce jour.
Un serial killer sévit dans le milieu cuir gay de New York, les victimes sont toutes de petits hommes bruns trentenaires. La police charge donc l’un de ses inspecteurs correspondant au profil d’infiltrer le milieu. Cette mission échoit donc à un Al Pacino tout en frisettes et en marcel noir, qui va découvrir de nouvelles fréquentations moustachues, et finalement remettre en question un certain nombre de ses choix de vie. Gros scandale a sa sortie, le film eut également pas mal de problèmes avec la censure, Friedkin ayant eu la bonne idée de tourner et d’inclure, entre autres, la scène du fist-fucking dans son intégralité. Obligé de faire de nombreuses coupes, il s’amusa néanmoins à introduire avec l’aide de son monteur des images subliminales tirées d’un X gay après chaque coup de couteau du tueur. Amusez-vous à les retrouver à l’aide de la touche ‘image par image’. Le genre de film qui vous fera regretter d’avoir porté des bandanas dans les années 80.

Franck Suzanne

Dans le New York de la fin des années 1970, un serial killer assassine avec violence des homosexuels qui ont la particularité de fréquenter des night-clubs SM. Un capitaine de police charge le jeune officier Steve Burns, répondant au profil physique des victimes, d'infiltrer le milieu interlope des backrooms afin d'attirer vers lui le tueur. Il emménage dans un quartier étudiant et se mêle à la vie de la communauté homosexuelle. Mais peu à peu, à mesure que le chasseur se rapproche de sa proie, l'équilibre psychologique du policier, ainsi que ses penchants sexuels, sont bouleversés par sa traque du criminel. Cruising a d'abord fait parler de lui en créant un scandale à sa sortie. Il fut vivement attaqué pour sa supposée haine anti-homosexuelle et le portrait caricatural qu'il était censé établir de la communauté qui fréquentait les clubs dans lesquels les gays musculeux vêtus de tenues cuir/chaînes/casquette de flic se livraient à leurs parties fines dans la liberté la plus totale. Cela dit, William Friedkin, cinéaste majeur de la décennie 70 (French Connection, L'Exorciste, Le Convoi de la peur), n'était plus à un scandale près. Et pour démonter ces accusations de sexisme, il aurait fallu se souvenir de son quatrième film, Les Garçons de la bande (1970), comédie dramatique magistrale en forme de huis clos qui réunissait des amis homosexuels (tous de types différents) lors d'une soirée anniversaire qui finissait en une féroce mise à nu psychologique et en un spectaculaire règlement de comptes. Friedkin était celui qui , avec French Connection, apporta un réalisme saisissant, une violence psychologique et une âpreté bienvenus dans le polar urbain. Il fit de même avec Cruising, cherchant à retranscrire avec fidélité les comportements jugés "obscènes et déviants" par bon nombre de commentateurs (vers qui il eût peut-être fallu se retourner si l'on devait parler de discrimination sexuelle). A priori, pourquoi Cruising serait-il plus sexiste et grotesque que La Cage aux folles, dans lequel "Zaza la tantouze" a fait se bidonner la Terre entière ? Le fait est que, pour les spectateurs homos comme hétéros, la plongée dans un milieu inquiétant et ambigu, dans lequel la sexualité s'affirme avec brutalité apparente, dérange nos certitudes et déstabilise notre système de valeur. Sur le schéma classique, mais toujours diablement efficace, du policier qui se trouve fasciné par le milieu qu'il infiltre et séduit par le style de vie du criminel qu'il poursuit, William Friedkin fait vivre à son héros, comme à ses spectateurs, une sorte de voyage dans les ténèbres de la psyché humaine. Le cinéaste a souvent exploré les rapports entre la violence et la liberté, entre le sexe et le pouvoir, de même que les influences d'un environnement agressif et permissif sur les personnages qui y évoluent (une action souvent traitée comme une pathologie). L'ambiguïté fait partie du cinéma de Friedkin, et c'est justement l'un de ses attraits, pour le meilleur comme pour le pire (cf. les deux montages du Sang du châtiment et leur moralité opposée). Cruising, avec ses décors sinistres et angoissants, ses néons, sa musique rock, sa faune de personnages tordus, son atmosphère à la lisière du fantastique, son montage au couteau (c'est le cas de le dire !), est une immersion fascinante dans un univers inconnu de la plupart d'entre nous. Non moins fascinante est la composition d'Al Pacino, toujours complètement investi dans son rôle (et même si les relations avec son réalisateur furent plutôt orageuses, mais seul le résultat compte). Autour de Pacino, on retrouvera avec plaisir Paul Sorvino, Karen Allen et Joe Spinell (en homophobe et homosexuel refoulé).

Ronny Chester



Olivier Bitoun Ronny Chester François-Olivier Lefevre Erick Maurel Antoine Royer Franck Suzanne
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