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La dernière flèche

Affiche de La dernière flèche

Pony Soldier

Réalisé par Werner Herzog 

Western - États-Unis - 1952

Aucune diffusion prévue à ce jour.
Bruno Stroszek (Bruno S.) sort de prison. Il rencontre Eva (Eva Mattes), une prostituée brutalisée par ses proxénètes. Ces deux être malmenés par la vie se lient d’amitié et Bruno la recueille sous son toit. Mais les souteneurs les harcèlent et ils décident de tout quitter pour se rendre en Amérique avec le vieux Scheitz (Clemens Scheitz), le seul ami de Bruno. Un cousin de ce dernier y tient un garage et les aide à s’installer. Mais leurs espoirs d’une nouvelle vie se heurtent rapidement à la réalité...Après « Cœur de verre », Herzog a pour projet de tourner une adaptation de la pièce Woyzeck de Georg Büchner. C’est Bruno S. qui doit en être l’interprète mais alors que le film se précise dans sa tête, le cinéaste se rend compte qu’il faut absolument que ce soit Kinski qui joue ce rôle. Lorsqu’il explique sa décision à Bruno S., ce dernier est tellement triste et déçu qu’Herzog s’entend lui dire qu’il a par contre un autre projet à lui proposer. Bruno S. lui pose des questions sur le film et Herzog, coincé par son mensonge, lui explique que c’est une histoire inspirée de sa vie. C’est un lundi et Herzog lui promet de lui faire lire le scénario en fin de semaine. Le samedi suivant, celui-ci est effectivement terminé : il s’intitule « La Ballade de Bruno ». Le tournage débute très vite (« Woyzeck » sera tourné deux ans plus tard avec Kinski) et ce film, né dans d’étranges circonstances, deviendra l’un des préférés du cinéaste. Si Herzog ne réalise pas un documentaire sur Bruno S., mais bien une œuvre de fiction, la frontière est comme toujours dans ses films floue et poreuse. Comme les grands cinéastes documentaires, Herzog ne considère pas cette séparation comme pertinente et ne cesse d’imbriquer ces deux registres. Déjà parce que toute œuvre documentaire est une relecture du monde par le cinéaste, donc une fictionalisation du réel et qu’il est mensonger de faire croire le contraire. Ensuite parce qu’utiliser des bribes de fictions dans un documentaire permet paradoxalement à celui-ci d’être plus proche de la vérité des choses. Pour « La Ballade de Bruno », Herzog invente de toute pièce une intrigue, un récit imaginaire, mais qu’il façonne de telle manière que le film nous permet de saisir quelque chose du mystère Bruno S., de la tragédie de sa vie. Bruno, Eva et Mr. Scheitz forment la famille des opprimés. Un repris de justice, une prostituée, un handicapé ; un fou, une femme, un vieillard… ils n’ont aucune place à eux dans la société allemande. Ils en viennent donc à reproduire le rêve du nouveau monde et à s’imaginer qu’en quittant la vieille Europe pour gagner l’Amérique ils vont enfin pouvoir vivre en paix. Bien entendu, l’Amérique se révèlera n’être qu’un mirage. « La Ballade de Bruno » est un film profondément triste, marqué par le destin cruel qui s’est acharné sur son acteur, par la terrible vie de Bruno S. Mais c’est aussi un film pétri d’humanité, tendre et généreux. C’est une œuvre essentielle qu’il convient de replacer parmi les plus grandes réussites du cinéaste.

Olivier Bitoun



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