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La dernière flèche

Affiche de La dernière flèche

Pony Soldier

Réalisé par Robert Aldrich 

Western - États-Unis - 1952

Aucune diffusion prévue à ce jour.
Jalousie, frustration, sadisme, tous ces sentiments exacerbés explosent dans cette toile d’une violence inouïe, à la démesure revendiquée. Le jeu outrancier de Bette Davis est à l’unisson de cette farandole apocalyptique, d’autant que sa carrière alors au point mort (elle dut se réduire à passer la célèbre petite annonce « Ex-star encore bonne à quelque chose accepterait grand rôle » !) fait fatalement écho à son personnage. Pour compléter ce duo mémorable, Aldrich fait appel à Joan Crawford, qu’il avait déjà dirigée dans Feuilles d’Automne. Le scénario est écrit par Lukas Heller, qui signera un grand nombre de films pour Aldrich : Le Vol du Phénix, Les Douze salopards, Faut-il tuer Sister George ?, Trop tard pour les héros, ou encore Chut, Chut, chère Charlotte, film miroir de Baby Jane, tiré du même écrivain Henry Farrell, et de nouveau interprété par Bette Davis et Joan Crawford, avant que cette dernière ne se désiste au cours du tournage. Son script permet au cinéaste d’exprimer dans leur quintessence les leitmotivs qui lui sont chers : conflit jusqu’au-boutiste de deux protagonistes, cloîtrés dans des intérieurs claustrophobiques (Attaque !) ; peinture acerbe du monde du cinéma par une description sans concession des artifices de la popularité et de ses conséquences destructrices sur des êtres broyés par un système inhumain (c’est son deuxième film sur Hollywood après Le Grand couteau) ; lutte impitoyable pour la survie, qui se fait ici lutte contre la vieillesse et l’oubli… Mais ici, Aldrich pousse ces thèmes jusqu’à l’excès, réalisant un véritable film d’horreur, traumatisant et grandiose, seulement modéré par une véritable compassion pour ses personnages et un récit ambivalent et anti-manichéen. Il entame avec ce film une radicalisation de son cinéma qui va l’amener à réaliser des œuvres choquantes, violentes et enragées. Présenté à Cannes, le film subit un tollé général, taxé de « summum de laideur » et de « grand-guignol ». Description juste du film, mais qui représente sa force même. Robert Aldrich refuse les concessions au bon goût et au bien-pensant, effaçant toute velléité de séduction. Par sa laideur et sa vulgarité le film est un véritable électrochoc pour le spectateur, dérangé dans l’habituel endormissement qui le gagne face à des films habituellement consensuels. Choquant et sincère, le cinéaste fait appel à des capacités du public peu exploitées par les studios : intelligence, esprit critique, discernement… Le noir et blanc très contrasté d’Ernest Haller (Autant en emporte le vent, La Fureur de vivre…), les ombres inquiétantes, l’intelligence d’une mise en scène utilisant avec maestria les possibilités d’un lieu clos (on connaît le génie d’Aldrich pour filmer les intérieurs) participent à nous plonger dans cette atmosphère de folie et de tristesse qui rend ce film unique et bouleversant. On peut mesurer le choc ressenti alors en réalisant à quel point le film reste aussi actuel, aussi dérangeant, quarante ans après sa réalisation. Baby Jane fut un succès commercial considérable, relançant la carrière d’Aldrich après une période peu enthousiasmante, mais les invectives des critiques se poursuivront avec véhémence, certainement confortées par le succès public du cinéaste.

Olivier Bitoun

Une petite réunion familiale pour attaquer le week-end ? Baby Jane fut une enfant prodige du music-hall, dont la gloire laissa dans l’ombre sa sœur Blanche. Mais le temps passa, et celle-ci devint une vedette de cinéma, tandis que Baby Jane était peu à peu oubliée du public. Et ce jusqu’à ce qu’un mystérieux accident de voiture ne laisse Blanche paralysée. Désormais, Jane s’occupe de sa sœur. Ou plutôt, la domine, la hait, la tourmente, la torture. Les deux femmes sont respectivement incarnées par Bette Davis et Joan Crawford au sommet de leur art. Comble de l’hystérie pour certains, Qu’est-il Arrivé à Baby Jane ? est pourtant l’un des sommets de l’œuvre de Robert Aldrich, un film excessif certes, mais c’est ce qui en fait le prix : une confrontation sans concessions, aux frontières de la santé mentale. Une très grande œuvre, doublée d’un formidable numéro d’actrices.

Franck Suzanne

Début des années 60 : Robert Aldrich décide de mettre en scène Qu’est-il arrivé à Baby Jane ? dans lequel deux sœurs se détruisent par pure jalousie. Pour le rôle principal (Jane) le grand Bob pense immédiatement à Bette Davis que les studios hollywoodiens semblaient avoir totalement oublié. Face à elle, il propose le personnage de Blanche à Joan Crawford. La rencontre entre les deux comédiennes est un sommet d’interprétation et c’est avec un plaisir sadique que le spectateur observe ces deux ‘dames’ en apparence respectables se détruire l’une et l’autre dans un crescendo sans limite de méchanceté. Comme toujours Aldrich filme la violence avec un réalisme saisissant et une forme de cynisme constant. Bref, Baby Jane est un formidable objet cinématographique, à découvrir de toute urgence !!

François-Olivier Lefèvre



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