Chercher un film :

La dernière flèche

Affiche de La dernière flèche

Pony Soldier

Réalisé par Mamoru Oshii 

Western - États-Unis - 1952

Aucune diffusion prévue à ce jour.
La démone Lamu a jeté son dévolu sur Ataru, un jeune collégien trouillard et vicieux. Ce dernier, obnubilé par les filles, est pris avec ses amis dans l'effervescence du collège Tomobiki qui prépare la grande fête de fin d'année. Mais cette dernière journée avant l'événement se répète encore et encore, et il ne serait pas étonnant qu'une tortue soit derrière ce dérèglement du temps... En découvrant « Lamu, Beautiful Dreamer » sur le seul nom de Mamoru Oshii, le spectateur ne peut qu'être décontenancé par un scénario partant dans tous les sens et un univers très éloigné – c'est peu dire – de celui de « Ghost in the Shell » ou « Avalon ». Le film s'inscrit en effet dans le cadre d'une longue série télé, « Urusei Yatsura », sur laquelle Oshii a longuement travaillé. « Beautiful Dreamer » est le deuxième des six longs métrages dérivés de la série, Oshii ayant également réalisé le premier épisode, « Lamu : Only You ». Cette première expérience a été très douloureuse pour Oshii, le cinéaste s'en voyant confier la réalisation six mois avant la sortie et alors même que le scénario n'est qu'à l'état d'ébauche. Sur ce deuxième film, il bénéficie d'une production plus soignée qui lui permet pour la première fois de faire ses preuves de cinéaste et de poser les bases d'un univers personnel qu'il développera dès son film suivant, « L'Oeuf de l'ange ». Si l'on ne comprend pas grand chose au film (très marqué par la culture japonaise, comme en témoigne le jeu de mot sur le titre, à la fois « le peuple d'Uru » et « les gens bruyants ») et si l'hystérie de certains passages se révèle pénible, on prend cependant un certain plaisir à suivre les tribulations d'Ataru, de la démone Lamu et des multiples protagonistes de cette histoire farfelue. Surtout, on découvre en germe les thèmes et l'univers qu'Oshii développera plus tard, mixés ici avec l'esprit loufoque et le comique ras la ceinture de la série. La notion de porosité des mondes, de l'abolition des frontières est déjà bien présente, tout comme la perception du temps (un savoureux monologue d'un chauffeur de taxi parlant du temps comme d'une invention à laquelle l'homme demeure trop attachée) ou encore un questionnement - certes léger mais bien présent- sur le réel. Autant de thèmes qui annoncent les réflexions philosophiques et métaphysiques de « Ghost in the Shell », « Avalon » ou « Innocence » - ces films citant même à certains moments des images ou des passages de cette première réalisation où Oshii parvient à faire entendre sa voix. Quelques scènes en particulier (une belle envolée musicale dans une cité déserte) annoncent son goût pour les séquences contemplatives ; et si le film démarre hystériquement sur les préparatifs de la fête - une première partie marquée par les gags potaches et un érotisme bon enfant - Oshii le fait dériver peu à peu vers une ambiance plus calme et onirique, comme si le cinéaste prenait peu à peu la main sur l'univers du mangaka Rumiko Takahashi. On passera sur une animation et un graphisme très basiques pour conseiller à tous les amateurs du cinéma d'Oshii la découverte de ce film qui offre l'opportunité de découvrir les premiers signes d'une œuvre en devenir. Tout en étant plaisant, « Lamu Beautiful Dreamer » vaut surtout pour la façon dont Mamoru Oshii marque par petites touches un univers qui n'est pas le sien, montrant une volonté flagrante de s'émanciper pour enfin se lancer dans un projet artistique personnel. Un an plus tard il réalise « L'Oeuf de l'ange », film matrice de son œuvre de cinéaste.

Olivier Bitoun



Olivier Bitoun Ronny Chester François-Olivier Lefevre Erick Maurel Antoine Royer Franck Suzanne
4 6

: clAssik : À ne pas rater : À découvrir
: À l'occasion : À vos risques et périls : À fuir

Soyez le premier à déposer un commentaire.

Déposer un commentaire

Nom
Appréciation
Commentaire