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La dernière flèche

Affiche de La dernière flèche

Pony Soldier

Réalisé par Werner Herzog 

Western - États-Unis - 1952

Aucune diffusion prévue à ce jour.
Timothy Treadwell est un jeune Américain qui s'est rendu treize étés durant dans une réserve naturelle d'Alaska pour vivre au côté des Grizzlys. Entre 1989 et 2003, il passe ainsi énormément de temps à s'approcher des ours, à les habituer à sa présence et à les filmer. Jusqu'en octobre 2003 où l'une des bêtes se jette sur lui et le dévore, ainsi qu'une jeune fille qui l'accompagnait... « Grizzly Man », documentaire admirable et passionnant, est un film qui vient autant de Werner Herzog que de Timothy Treadwell. On dirait que Timothy a vécu cette histoire pour Herzog et qu’Herzog a attendu ce personnage, ce sujet, toute sa vie. Le cinéaste fait ici preuve d'une finesse infinie, d'une sensibilité incroyable dans le traitement de cet horrible fait divers, et « Grizzly Man » est une œuvre profondément morale et d'une humanité sans faille. Tout d'abord, Herzog sait s'effacer et le film repose essentiellement sur les images tournées par Treadwell. Ce dernier ne réalise pas un documentaire animalier mais se met constamment en scène, ce qui permet une nouvelle fois au cinéaste d'interroger le rapport entre le réel et la représentation. Pour le reste, Herzog, comme à son habitude, s'intègre dans le film, soit en commentant les images de Treadwell soit en apparaissant à l'écran (par la voix ou physiquement) lors d'entretiens avec des personnes l'ayant connu : une ex fiancée, un délirant médecin légiste tout droit sorti d'un film burlesque, un garde-chasse, une pilote d'hélicoptère... chacun apportant un élément servant à la compréhension de Treadwell et enrichissant les séquences où il se met en scène. Timothy rejoint ces personnages "herzogiens" qui se leurrent en s'imaginant vivre en accord avec le monde, la nature. La nature (incarnée ici par les grizzlys) rejette l'homme, rejette Treadwell, et comme pour mettre un terme à son acharnement naïf finit par le dévorer. Herzog a toujours vu dans la nature un territoire de prédation et de mort : la Terre est une prison, en aucun cas une possibilité de paradis. Pour lui, jamais un grizzly ne pourra être une peluche, ce sera toujours une créature féroce, imprévisible et carnassière ; et Timothy ne peut qu’être la victime de ce rêve humain d'une vie en harmonie avec la nature. On plaint Treadwell, on est secoué par son obsession, on est frappé par l'inanité de son engagement (un garde-chasse explique qu’il fait plus de mal que de bien en habituant les ours à la présence de l’homme), par ses contradictions, par ces espaces de lucidité rapidement chassés par sa nature infantile, exaltée et naïve. Surtout on sent constamment tout l'amour que porte Werner Herzog à cet homme, et l'on comprend qu'il a tourné « Grizzly Man » pour lui en faire cadeau. Comme dans les grandes tragédies, la mort du héros est là, posée dès les premières minutes du film Elle rôde partout dans le film, mais le grand tour de force de Herzog est de réaliser une œuvre d'une absolue moralité quant à la question de sa représentation. Le réalisateur ne cesse de se questionner sur ce qu’il doit montrer, sur ce qu’il doit écarter, demandant même à une amie de Timothy de détruire les bandes sur lesquelles on l’entend être mis à mort par le grizzly. Herzog souhaite refaire vivre Timothy par ce film, pas faire revivre sa mort. « Grizzly Man » est un film magistral, drôle, émouvant, intelligent, vertigineux. Un modèle de cinéma documentaire.

Olivier Bitoun



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