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La dernière flèche

Affiche de La dernière flèche

Pony Soldier

Réalisé par William Wyler 

Western - États-Unis - 1952

Aucune diffusion prévue à ce jour.
Avec "The Westerner" et malgré quelques exemples déjà probants, les plus sceptiques devaient définitivement se rendre à l’évidence : voir un cinéaste réputé pour son sérieux, dont les œuvres précédentes avaient été des films de prestige adaptés pour certains de chefs-d’œuvre de la littérature mondiale tel "Wuthering Heights", se mettre à aborder le western était pour ce dernier un gage de reconnaissance et de maturité. Il s’agit en effet d’un film au ton très original mêlant aux séquences d’action traditionnelles des scènes de pure comédie, un film "en creux" au rythme lent et à la théâtralité assumée avec de longues plages de dialogues au cours desquelles l’humour occupe une place très importante, la gravité pouvant faire son apparition la séquence suivante ; un mix parfois improbable, tour à tour déroutant et stimulant, pas toujours bien maitrisé et cassant parfois un peu l’ampleur que le film semblait vouloir prendre, mais au final assez séduisant. A côté de l’éternel conflit entre éleveurs et agriculteurs dans le Texas de la fin du 19ème siècle, Wyler et ses scénaristes Niven Busch et Jo Swerling abordent les relations entre deux hommes que tout oppose : d’un côté un "Westerner" individualiste qui va se transformer en médiateur, de l’autre un tyran local à la fois terrifiant et pitoyable. Après une séquence en extérieurs voyant un combat armé entre fermiers et éleveurs dans la grande tradition du genre, c’est au tour de très longues scènes à l’intérieur du bar/tribunal du pittoresque juge Roy Bean (personnage qui a réellement existé, ainsi que celui de Lili Langtry d’ailleurs) qui pourraient sembler ne jamais en finir si un humour très particulier ne venait pas les dynamiter. La description du tribunal improvisé - avec Roy Bean faisant prêter serment sur une bible et… un revolver ou amendant ceux qui refusent de boire de l’alcool, le croque-mort venant prendre les mesures pour ses futurs cercueils, le jury se réunissant pour délibérer dans l’arrière-salle où ils jouent finalement au poker, le sort des accusés n’ayant pas lieu d’être débattu puisque toujours connu par avance, l’entrée dans le saloon du cheval objet du délit… - est un grand moment de comédie d’autant qu’il est suivi par l’inénarrable numéro de roublardise d’un Gary Cooper parfaitement à l’aise dans la comédie (il était déjà passé entre les mains de Lubitsch, Capra…) et qui gruge Roy Bean avec délectation. La scène du réveil des deux hommes ivres au petit matin tend même vers le burlesque. S’ensuit une course poursuite à cheval très efficace avec de très longs panoramiques la rendant encore plus dynamique. Bref, un mélange des genres et des rythmes pas désagréable d’autant que Wyler maîtrise plutôt pas mal les deux. Aux côtés d’un Cole Harden aux motivations égoïstes, homme insouciant, malin et culotté, individualiste forcené qui va retrouver un certain sens moral en jouant le médiateur entre les parties adverses, on côtoie un personnage féminin tout aussi ambigu puisque pas aussi net que l’on aurait pu le croire de prime abord ; encouragée par son père et son frère, elle va se jeter à la tête de Cole en se faisant passer pour une petite oie blanche afin de le retenir au sein de la famille. Quant à Roy Bean, il est tour à tour haïssable et attachant grâce à la superbe interprétation de Walter Brennan qui reçut d’ailleurs pour l’occasion un Oscar bien mérité. Tour à tour violent et naïf, ridicule et émouvant, c’est le véritable héros (ou plutôt antihéros) du film. On le déteste lors de ses semblants de justice sommaire et expéditive, comme sa décision de brûler les plantations de ses "ennemis" ; on est touché par sa ferveur devant une actrice qu’il n’a jamais rencontrée. La célèbre séquence finale se déroulant au sein d’un théâtre finit de convaincre. Mi-comique mi-tragique, mi-réaliste mi-théâtral, mi-sec mi-lyrique (les plans sur les paysans et les champs de maïs ne dépareilleraient pas dans un film de King Vidor), naviguant entre farce et pathétique, un western original et assez riche aux protagonistes non manichéens et n’oubliant pas, à de rares moments, le côté spectaculaire pour faire plaisir aux aficionados, ici une fabuleuse séquence d’incendie. Dans le même temps, une réflexion sur le vieil Ouest (représenté par les éleveurs) en train d’évoluer et de laisser le progrès s’immiscer avec l’arrivée des cultures ! Et l’ombre du rideau tombe sur la scène avant qu’un happy end plus conventionnel (certainement imposé) vienne achever ce curieux western.

Erick Maurel



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