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Liberté-Oléron

Affiche de Liberté-Oléron

Liberté-Oléron

Réalisé par Bruno Podalydes 

Comédie - France - 2001

Aucune diffusion prévue à ce jour.
Jacques Monot est un Parisien en vacances avec sa famille du côté d'Oléron. En pleine crise de la quarantaine, il se met en tête de voguer sur les flots à bord d'une coquille de noix qui symbolise pour lui une liberté retrouvée. Frustré (il ne cesse d'avoir des rêves inquiétants de noirceur), aveugle aux propres désirs de sa famille, il entraîne tout ce beau monde dans ce qui devient une obsession maladive. Après « Versaille-Rive gauche » et « Dieu seul me voit », Bruno Podalydès et son frère Denis (acteur et co-scénariste) signent le troisième volet d'une saga qui ne dit pas son nom (et qui se poursuivra en 2009 avec « Bancs Publics » après deux adaptations des aventures de Rouletabille). On retrouve dans « Liberté-Oléron » ce ton discret et rêveur, cet humour charmant et ce goût du burlesque qui faisaient tout le sel de ces deux premières réalisations, mais sur un mode bien plus grinçant et avec une forme malheureusement bien moins aboutie. Le personnage interprété par Denis Podalydès est plus amer, moins directement attachant que dans les précédents films, les auteurs prenant un plaisir coupable à pointer du doigt ses multiples faiblesses, ses mesquineries, son égoïsme. Du coup, le spectateur a plus de mal à trouver sa place dans ce petit cercle familial alors que « Dieu seul me voit » lui offrait des bras grands ouverts, l'invitant dans une ronde folle et jubilatoire, même si le film savait aussi se faire ironique ou caustique. C'est bien sûr un choix que de se lancer dans la satire, voire le jeu de massacre (la dernière partie du film est à ce titre saisissante de violence), mais d'évidence c'est un ton qui sied moins aux auteurs. Le film souffre en outre d'un cruel manque de rythme, s'enlisant après une ouverture réjouissante dans les répétitions et des atermoiements sans fin. Heureusement, des scènes nous emballent, comme la traversée pour l'Île d'Aix, rythmée par la lecture en voix off du « journal de bord du capitaine », à la manière de Jacques Rozier dans « Les Naufragés de l'Île de la Tortue » - Rozier dont l'ombre plane souvent sur le film : les plages de la façade Atlantique, le goût pour le temps qui se suspend, l'humour absurde... jusqu'au titre qui fait penser à « Maine-Océan ». Et comme chez Rozier, l'isolement et la peur font monter la tension si bien que l'on ne sait plus s'il faut rire ou être effrayés par les vociférations et la bile soudainement déversée par un Jacques au bout du rouleau qui voit ses rêves d'évasion sombrer avec son rafiot. D'un registre à l'autre, du burlesque visuel à la logorrhée haineuse, Denis Podalydès emporte l'adhésion, tout comme l'ensemble de l'interprétation, les auteurs sachant ménager à chacun une belle place dans le film. On sort de « Liberté-Oléron » avec des sentiments mitigés, à l'image d'une fin qui n'assume pas le meurtre du père – ce qui est tout de même le sujet du film - préférant donner raison à une famille dont le retour à la normale nous laisse sur un goût amer. A la vue de la suite de sa carrière, il est à craindre que Denis Podalydès, cinéaste si attachant, ait finalement déjà tout donné avec son inoubliable « Dieu seul me voit ».

Olivier Bitoun



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Vos commentaires :

5

Jamais un film m'a fait rire comme liberté olérons.Il est parfait et les acteurs sont fameux  larguier , le Mercredi 17 février 2010 à 20 h 17


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