Chercher un film :

Ce répondeur ne prend pas de messages

Affiche de Ce répondeur ne prend pas de messages

Ce répondeur ne prend pas de messages

Réalisé par Alain Cavalier 

Inclassable - France - 1979

Aucune diffusion prévue à ce jour.
« Ce répondeur ne prend pas de messages » est un film difficile, peu aimable, qui frappe par son ambiance dépressive et cauchemardesque (il vient d'un songe du cinéaste), cri d'une incroyable violence qui vient certainement du décès brutal de la compagne de Cavalier six ans plus tôt. Après un film très libre et joyeux, « Le Plein de super », « Ce répondeur... » est une proposition de cinéma radicale, Cavalier scellant avec cette œuvre hors norme le pacte qu'il a conclu avec son art depuis la rupture opérée avec le cinéma traditionnel après «La Chamade ». Le film est pour le coup bancal, malhabile, parfois gênant dans son affichage expérimental et sa revendication d'indépendance. Il est réalisé en mai 78, en sept jours, avec un budget de 3 000 euros. Cavalier joue et s'occupe du son, Jean-François Robin signe l'image. Il n'y a pas de montage, pas de distribution envisagée (c'est Marin Karmitz qui le poussera à distribuer le film). On y sent un cinéaste perturbé, violent (dans « Le Filmeur », Cavalier se demande que faire après les attentats du 11-Septembre et conclut qu'il faut déjà qu'il contienne ce reste de violence qu'il a au fond de lui). Pour lui, le monde est devenu une prison, un labyrinthe (il erre dans les couloirs de son immeuble où les portes sont closes, devant pénétrer par effraction dans son propre espace) dont il ne perçoit plus que les signes mauvais (la Shoah, des attentats, des accidents...). Il s'enferme sur lui même, se couvre la tête de bandages. Il n'y a plus d'expressions visibles sur son visage, plus de voix car sa douleur est inexprimable. Mais cette intériorité est pire encore car il n'y a plus là qu'un mal sans fin qui le ronge, un abîme de désespoir et de folie qui depuis le centre de son être l'aspire irrémédiablement. C'est un récit de souffrance et de mort. C'est un lent fondu au noir, Cavalier s'enfermant dans sa chambre et se mettant à couvrir les murs et les vitres de peinture noire. Un fondu vers la mort où il chercherait les fantômes de ses chers disparus, un fondu vers l'oubli libérateur. Mais dans cette nuit, il y a une chaise brisée que Cavalier fait brûler. Une lueur, un peu d'espoir, une possible renaissance. Il n'est pas sûr qu'aujourd'hui, le symbolisme dépressif du film serait au goût du cinéaste ; et le spectateur, avec la connaissance de sa carrière à venir, trouvera certainement de même le film bien trop artificiel, affecté, ostentatoire. Mais « Ce répondeur ne prend pas de messages » est un film important dans la carrière du cinéaste parce qu'il l'a libéré de démons qui auraient pu continuer à courir sur son œuvre et parce que c'est son premier vrai pas dans ce cinéma de l'intime vers lequel il va désormais tendre : «Martin et Léa » - où il racontera l'histoire intime de son couple d'acteurs, « Un étrange Voyage » - inspiré des ses relations avec sa fille et plus tard « La Rencontre », début d'une nouvelle jeunesse pour le cinéaste.

Olivier Bitoun



Olivier Bitoun Ronny Chester François-Olivier Lefevre Erick Maurel Antoine Royer Franck Suzanne
3

: clAssik : À ne pas rater : À découvrir
: À l'occasion : À vos risques et périls : À fuir

Soyez le premier à déposer un commentaire.

Déposer un commentaire

Nom
Appréciation
Commentaire