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La dernière flèche

Affiche de La dernière flèche

Pony Soldier

Réalisé par Alain Cavalier 

Western - États-Unis - 1952

Aucune diffusion prévue à ce jour.
Le premier souvenir d’Alain Cavalier date de ses cinq ans : c’est l’émotion qui le saisit devant le visage d'une femme. Il ressent une aussi intense émotion quelques années plus tard, mais cette fois ci c’est le visage d'une actrice qui s’imprime sur un écran de cinéma. Il va voir derrière la toile, ne voit rien et découvre alors ce qu'est le cinéma. Il achète une caméra. Il filme le jardin, un petit peu, puis le visage de sa mère. Cette quête du visage, du mystère d’un visage, va être la grande recherche de son cinéma, ce vers quoi il va tendre tout au long de sa carrière. Mais le chemin sera long, complexe, depuis ses premiers pas de cinéaste à « Irène », sorte d’aboutissement de son geste de cinéma. Dans l’intervalle il y aura des ruptures dans sa carrière, des étapes : « Le Plein de super », « Thérèse », « La Rencontre », trois œuvres majeures qui dessinent les contours d’une œuvre en quatre grands mouvements. « Le Combat dans l’île » ouvre la première période, celle où Cavalier essaye de faire avec le cinéma traditionnel. En réalisant ce premier film (grâce au soutien de Louis Malle, dont il a été l'assistant sur « Ascenseur pour l'échafaud » et « Les Amants »), Cavalier espère retrouver cette émotion qui l'avait subjugué lors de sa rencontre avec le cinéma. Mais dès le premier jour de tournage, quelque chose ne va pas. Son actrice, Romy Schneider, est certes magnifique mais il y a ce maquillage qui fait écran. Il lui dit qu'il préfèrerait la filmer sans, que ce n'est pas cela qu'il veut, mais elle n’entend rien : c'est sa beauté, son image, ce n'est pas du ressort du cinéaste. Cavalier a compris qu’ils ne feront pas le même film. Ce sentiment va courir sur toutes ses premières réalisations, jusqu'au « Plein de super » qui est le premier pas vers sa liberté d’auteur. Cavalier doit donc faire avec des contraintes qui déjà l’étouffent. S'il décide de jouer le jeu, « Le Combat dans l’île » montre en filigrane la forte volonté du cinéaste qui détourne ce qui n’aurait pu être qu’une œuvre de commande pour transformer une intrigue de thriller en film politique très critique. Clément (Jean-Louis Trintignant), fils d'un riche industriel, est membre d'un groupuscule d'extrême droite mené par Serge (Pierre Asso). Il participe à un attentat au bazooka contre un député de gauche. Après ce coup d'éclat, il doit prendre la fuite et se réfugie avec sa compagne Anne (Romy Schneider) en Normandie, dans un moulin où vit Paul (Henri Serre), un ancien ami. Entre l'intellectuel de gauche et le jeune homme angoissé par la pureté de l'Occident, la tension monte. Clément découvre bientôt qu'il a été l'objet d'une manipulation de Serge et, décidé à se venger, il remonte sur Paris. Anne, abandonnée, se rapproche de Paul et tombe amoureuse. Lorsque Cavalier réalise ce film, on se dirige vers la fin de la Guerre d'Algérie, au moment de la création de l’OAS. Trintignant incarne ainsi ces mouvements de droite réactionnaires qui marquent cette période et Henri Serre l’opposition de gauche progressiste. Les noms des partis ne sont pas cités, mais le discours est d'une totale limpidité. Cavalier offre une vision presque documentaire de l'activisme d'extrême droite, avec les entraînements, la préparation et l'exécution d'un attentat, les méandres des groupuscules armés. Le sujet est courageux, étonnant dans le paysage d'un cinéma français qui n'a guère l'habitude de parler à chaud de sujets politiques. Mais ce qui est plus intéressant encore, c'est la façon dont Cavalier impose, dans le cadre de ce qui reste un film grand public, une mise en scène quasi expérimentale, très proche de l'intériorité des personnages. Malgré la présence de Romy Schneider (qui redonne ici un second souffle à sa carrière), le film est un échec commercial et le cinéaste subit les foudres de la censure. Ce qui n'empêchera pas Alain Cavalier pour son film suivant, « L'Insoumis», de prendre de nouveau pour toile de fond la Guerre d'Algérie. C'est d'ailleurs parce qu'il est impressionné par ce « Combat dans l'île », qu'Alain Delon soutiendra cette autre œuvre courageuse en acceptant d'y tenir le rôle principal.

Olivier Bitoun



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