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Les Lumières de la ville

Affiche de Les Lumières de la ville

City Lights

Réalisé par Charles Chaplin 

Comédie - États-Unis - 1931

Aucune diffusion prévue à ce jour.
États-Unis, une métropole à la fin des années 20. Un vagabond s’éprend d’une belle et jeune vendeuse de fleurs aveugle qui vit avec sa mère, couverte de dettes. Suite à un savoureux quiproquo, la fleuriste s’imagine le pauvre hère, qui vient de lui acheter une fleur, en milliardaire. Ce qu’il n’est pas… même s’il se lie d’amitié avec un homme riche et suicidaire qui le prend sous son aile, mais uniquement sous l’emprise de l’alcool. Une fois sobre, le milliardaire renvoie invariablement le vagabond à son triste sort. C’est donc seul que Charlot se met en tête de réunir les fonds pour guérir la jeune fleuriste de sa cécité. De petits boulots sordides en matchs de boxe truqués, c’est une avalanche de gags qui mènera notre héros vers une des fins les plus célèbres de l’Histoire du cinéma. 1929. A l’aune du cinéma parlant, Chaplin décide de tourner le dos aux innovations techniques et se résout à la production d’un nouveau long-métrage sans paroles. Ce seront ‘Les Lumières de la Ville’, dernier film muet de Charlot et ultime occasion pour les spectateurs du monde entier de s’imaginer une voix pour leur héros. Accouché dans la douleur, ‘Les Lumières de la Ville’ est au final un petit miracle de fraîcheur et d‘équilibre qui pourrait résumer à lui seul l’art de Chaplin. Mais que de souffrances et de doutes avant de toucher à ce naturel cinématographique et comique. Étalé sur 32 mois - un record pour l’époque - le tournage du quatrième long-métrage de Charlie Chaplin se révélera un vrai calvaire. Chaplin, connu pour son perfectionnisme et ses méthodes de travail dégagées de toute inféodation aux studios, multiplia les prises - notamment pour les scènes de la rencontre avec la fleuriste et pour leurs retrouvailles. Au point que le métrage de rushes représente au bout du compte 150 fois le métrage du montage final… Triturée dans tous les sens, objet de toute la réflexion de l’artiste, la scène qui voit la jeune aveugle confondre le vagabond avec un milliardaire ne fut ainsi achevée qu’au 535ème jour de tournage, après plus de 320 prises ! Cet interminable tournage terminé, ‘Les Lumières de la Ville’ se révèle finalement être un pari hautement risqué pour Charles Chaplin : la sortie du film, légèrement en porte-à-faux quant aux nouveaux désirs du public de l’époque, est un moment crucial dans sa carrière, qui peut tout simplement s’effondrer comme un château de cartes avec l’arrivée des films sonores - comme le prouvera par la suite le naufrage de nombre de stars, comiques notamment, du muet. Reste que c’est surtout par l’image que passe l’immense majorité des gags du film, Chaplin déployant alors toute la palette de son génie burlesque. D’un début en fanfare où, sur une statue, Chaplin livre un génial numéro de pantomime à une scène de boxe tout bonnement ahurissante, tout l’art du créateur du ‘Kid’ se retrouve dans ce film. Revenons d’ailleurs sur cette fameuse scène de boxe, qui à elle seule justifie l’achat du film en DVD, histoire de se mettre la séquence en boucle les soirs de déprime. En six minutes d’une simplicité déconcertante - caméra filmant la scène frontalement et suivant l’action grâce à un léger travelling, d’ailleurs très beau - Chaplin offre aux spectateurs une ribambelle de gags chorégraphiée au millimètre. Je défie d’ailleurs quiconque de ne pas sortir des ces six minutes ébouriffantes les zygomatiques en feu : portée par une très belle partition, la scène s’envole vers des sommets de comique et, bel exploit, ne compte que sur ses acteurs et leurs mouvements pour déclencher les rires de la foule. Montage réduit au strict minimum, absence de plans de coupe, de changements d’axes ou de taille de cadre : on frise même l’ascèse d’un Dreyer - et pourtant la scène compte parmi les plus drôles de l’Histoire du cinéma. C’est le style Chaplin, empreint de simplicité et d’humilité, tout entier au service du plan, des gags et des acteurs. Un des secrets qui rend le cinéma de Chaplin si universel, drôle et touchant… ‘A Comedy Romanc’e nous prévient le titre complet des Lumières de la Ville. Ne pas oublier en effet qu’à travers ses films précédents, Chaplin a toujours su alterner entre rires et larmes. Ici, tout comme dans ‘La Ruée vers l’Or’ ou ‘Les Temps Modernes’, Charles Chaplin n’oublie pas qu’un film est aussi une œuvre sociale, amenée à donner le point de vue, assez désabusé, de l’artiste sur le monde. Entre la vanité et l’égoïsme d’un milliardaire (dont la générosité ne s’exprime qu'une fois ivre), l’indifférence voire le mépris de la foule face au vagabond et l’injustice qui voit la police enfermer un innocent en prison ou un propriétaire exproprier une aveugle sans le sou, Chaplin n’oublie pas de gratter là où ça fait mal entre deux rires. Et deux sanglots… Car non content d’être une formidable locomotive comique, ‘City Lights’ offre son lot de scènes dramatiques grâce à un astucieux scénario en deux volets, l’un consacré aux pérégrinations comiques du vagabond et de son "ami" milliardaire, l’autre à la vie misérable d’une pauvre aveugle. Évitant avec tact tout pathos ou misérabilisme édifiant, et ce malgré un scénario qui lui tendait justement mille pièges, Chaplin alterne comique pur et mélodrame à l’ancienne, même s’il a toujours le bon goût de désamorcer tout moment susceptible de sombrer dans la mièvrerie par un gag salvateur. La marque des grands…

Xavier Jamet


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