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Guet-apens

Affiche de Guet-apens

The Getaway

Réalisé par Sam Peckinpah 

Film noir - États-Unis - 1972

Aucune diffusion prévue à ce jour.
Après des années d’emprisonnement, Carter McCoy est libéré. Criminel endurci, il doit sa liberté à sa femme dont les arguments semblent avoir convaincu le Shérif Banyon, et au chantage que ce dernier compte bien exercer sur le couple : une fois dehors, McCoy et son épouse Carol devront dévaliser une banque, et partager le butin avec le représentant de l’ordre. 1969. Fasciné par la noirceur du « Lien Conjugal », Peckinpah cherche vainement à acquérir les droits de cette chronique impitoyable d’une cavale au fin fond du Texas, écrite par un auteur inconnu et fauché comme les blés : Jim Thompson. Singulièrement élevés, les droits finissent par tomber dans l’escarcelle de Robert Evans ; le nabab se désintéresse rapidement du projet et colle un de ces poulains, Peter Bogdanovich, à la réalisation, lui laissant carte blanche sans plus d’indications. Peu convaincu par le script de Jim Thompson qu’il juge trop pessimiste, le cinéaste intronise, lui, Walter Hill, jeune débutant malléable à merci, pour une réécriture. Un peu tendre, le protégé de Bogdanovich fait dans l’excès de zèle et passe le scénario à l’adoucissant : édulcoration de l’infernal couple McCoy, renoncement à tout cynisme et happy end de rigueur, qui affadit singulièrement la fin d'origine…Une fois le scénario terminé, Robert Evans revient en coulisses et manigance pour imposer comme il l’avait imaginé sa protégée dans le rôle de Carol, et Steve McQueen, dont il compte relancer la carrière, dans le rôle de Carter. Bogdanovitch, qui misait lui sur un ticket Cybil Sheperd / Ryan O’Neal, est sèchement invité à lâcher le projet au profit de… Sam Peckinpah, qui n’attendait que cela. Steve McQueen, qui a entre-temps récupéré les droits de production du film, devient rapidement le vrai patron : Evans, trop accaparé par son « Gatsby » pour se soucier à plein temps de ce vulgaire polar qu’il considère au mieux comme un galop d’essai pour son duo de stars, lui a cédé. Mais le projet s’engage mal, sur un malentendu que Peckinpah ne digérera jamais : le scénario, qu’il ne savait pas retouché par Hill, lui sort par les yeux. Le cinéaste aura beau faire quelques retouches, convoquer les trognes les plus patibulaires de sa tribu pour contrebalancer la fadeur du couple McCoy, rien n’y fait, le film est mal barré. Et le tournage de virer rapidement à l’aigre, puis au cauchemar : déjà précédés d’une réputation détestable, les deux artistes vont constamment au clash, entre différents artistiques, ego surdimensionnés, paranoïa, alcool, cocaïne et tempéraments atrabilaires. Alors certes, même cadenassé par Steve McQueen, le cinéaste a de beaux restes, et son impressionnant gunfight final a manifestement traumatisé tout un pan du cinéma contemporain, des fusillades d’intérieur du John Woo période « Syndicat du Crime » au Tarantino de « Kill Bill ». Quelques scènes plus tôt, une altercation d’une incroyable sécheresse réveille le spectateur et la monotone cavale des deux héros, lorsqu’ils croisent deux Texas Rangers : rapidité du montage, violence des cuts, crudité du cadrage, Peckinpah semble enfin retrouver la foi - comme lors des trop rares intermèdes Rudy Buttler, d’une misanthropie et d’une méchanceté proprement réjouissantes. Au crédit du film, aussi, une interprétation carrée et efficace de Steve McQueen, dont le sens du détail fait encore une fois ici mouche (les lunettes teintées) ainsi qu’une une belle scène de poursuite dans un train, toute en tension et en montée d’adrénaline. Dans l’ensemble d’ailleurs - soyons justes - le film n’est pas avare d’idées de montage (l'ample générique d’ouverture, la confrontation finale...), d’audacieux enchaînements (ralentis/cuts, flash-backs/flash-forwards), d’admirables constructions de plans (superbes jeux de surcadrages avec les pare-brises) et autres gâteries dont Peckinpah a le secret. Mais dans le fond, le cœur n’y est pas. Souvent en dedans, le réalisateur dérape dans une scène romantique de baignade aussi pompeuse que saugrenue. Il déçoit, lors d’un casse mou du genou, manque souvent d’inspiration générale dans sa mise en scène de la violence, et échoue à rendre à l’écran l’alchimie pourtant évidente de Steve McQueen et Ali MacGraw - à la décharge de Peckinpah, on reconnaîtra d’ailleurs volontiers que l’actrice, limitée, n’était absolument pas taillée pour le rôle.

Xavier Jamet

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Vos commentaires :

3

LA MISE EN SCÈNE DE PECKINPAH EST TOUJOURS AUSSI EFFICACE ET LE COUPLE MAC QUEEN/MAC GRAW FONCTIONNE A MERVEILLE, PAR CONTRE CERTAINES SCÈNES ONT TRÈS MAL VIEILLIS A L'IMAGE DU BRAQUAGE.  BARRY LYNDON , le Jeudi 08 avril 2010 à 21 h 07


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