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L'Hirondelle d'or

Affiche de L'Hirondelle d'or

Da zui xia

Réalisé par King Hu 

Arts martiaux, film de sabre - Hong Kong - 1966

Aucune diffusion prévue à ce jour.
En 1966, « L’Hirondelle d’or » fait entrer le Wu Xia Pian dans son âge d’or. Le film est un tournant dans l’histoire du genre. Il tranche tout d’abord par une forte évolution du rôle féminin. L’immense majorité des productions voient alors les rôles principaux tenus par des femmes et King Hu introduit dans son film la parité homme / femme, au grand désarroi de Run Run Shaw qui voit d’un mauvais œil cette évolution. Historien renommé, King Hu et son scénariste Yi Cheung apportent au film une méticulosité de chaque instant, tant dans la reconstitution historique que dans la description des personnages et des conflits. Une réalisation au cordeau et une direction d’acteur parfaite en font un film épique et poétique qui intègre les arts martiaux comme mécanique du récit et non comme une succession de séquences d’actions. King Hu s’éloigne de l’aspect purement fantastique qui baigne alors le Wu Xia Pian. Quasiment plus de magie, mais un réalisme accru, tant au niveau historique que dans les exploits de ses héros. King Hu est extrêmement pointilleux. Ainsi, fort de son passé de décorateur, il fait construire un véritable temple pour les besoins du film. Il opère une autre grande révolution dans le cinéma d’action en rompant définitivement avec le rendu théâtral des combats martiaux et développant des chorégraphies qu’il veut crédibles. Ces scènes martiales ne sont plus aussi descriptives, chaque coup porté n’est pas précisément retranscrit, King Hu préférant créer un mouvement général au sein du plan et dans leur enchaînement : le Kung-fu devient véritablement un « art du mouvement ». King Hu insiste auprès de son interprète principale, Chang Pei-pei, sur les liens qui unissent la danse et les chorégraphies martiales. Le réalisateur mise sur le passé de danseuse de l’actrice plus que sur des talents de combattante qui guident habituellement les castings . Il conditionne son approche du film par l’écoute d’improvisations de jazz moderne. Celles-ci immergent l’actrice dans les changements de tons et de rythmes qui confèrent au film une beauté toute musicale. Contrairement à Chang Cheh qui ne s’investit que peu dans les chorégraphies, King Hu travaille en étroite collaboration avec Han Ying-chieh. Ce dernier est un spécialiste du Kung-fu du nord et est issu de l’Opéra de Pékin, cet opéra qui passionne d'ailleurs bien plus le réalisateur que le Kung-fu. King Hu envisage ses films comme des ballets, et donne à la musique une place prépondérante dans la conception de sa mise en scène. Le cinéaste joue des mouvements de caméra, fait se déplacer constamment ses comédiens, compose ses cadres avec précision, englobe les chorégraphies de Han Ying-chieh dans un vaste mouvement musical. Il exploite à merveille les décors, utilise l’ellipse et le découpage avec une clarté qui manquera souvent aux futurs films du genre. Les frères Shaw sont déçus par le rythme du film et ils confient à Han Ying-chieh le soin d’ajouter des scènes d’action et de couper les passages les moins spectaculaires. Un camouflet pour le cinéaste qui quitte le giron de la Shaw Brothers pour regagner Taïwan où il signera une série de chefs d'œuvres, aussi essentiels que cette « Hirondelle d'or ».

Olivier Bitoun


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