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Marathon Man

Affiche de Marathon Man

Marathon Man

Réalisé par John Schlesinger 

Thriller, Suspens - États-Unis - 1976

Aucune diffusion prévue à ce jour.
Traumatisé par la chasse aux sorcières qui eut raison de son père dans les années 50, Thomas Babington Levy - alias Babe - est un jeune étudiant juif new-yorkais, solitaire introverti qui oublie les blessures du passé dans les études et la course à pied. A force d’acharnement, il convainc une jeune universitaire suisse dont il est tombé amoureux de partager sa vie. Leur idylle est le début d’une longue et douloureuse descente aux enfers qui verra Babe croiser un frère aux mystérieux desseins, un tortionnaire nazi, d’obscurs agents secrets américains et le vent nauséabond de l’Histoire. Artiste inégal, Schlesinger signe ici son plus beau long-métrage. Une réussite d’autant plus étonnante que sa beauté et sa tenue détonent dans une filmographie honorable mais rarement géniale : hormis peut-être ‘Macadam Cowboy’, le réalisateur anglais fait le métier, sans plus : des films carrés et plus qu’honnêtes, mais qui jamais n’atteignent l’ampleur de son chef-d’œuvre… Film au rythme étrange, ‘Marathon Man’ déroute au premier abord, notamment dans un premier tiers tout bonnement bluffant, qui multiplie, ou plutôt brouille les pistes et les genres avec audace. A l’image de l’intermède parisien, insolite parenthèse narrative qui casse littéralement le récit, jusqu’ici fort classique. De plus en plus opaque, l’histoire se teinte alors d’un suspens étrange, à la limite du fantastique, et d’autant plus déstabilisant que cette parenthèse, tant dans son décor que dans son ton, semble en total décalage avec la première bobine du film, entièrement consacrée à Hoffman. Dans ses meilleurs moments, comme l’agression de Scheider dans un grand hôtel parisien, ou cette angoissante scène nocturne dans Paris, Schlesinger côtoie alors le meilleur Polanski. Même poésie de l’incongru, où un simple ballon de football devient une métaphore de l’effroi et de la mort. Même fascination pour l’équivoque, et l’étrangeté du quotidien. Même maîtrise de la grammaire cinématographique, où l’angoisse sourd du moindre plan. En une heure, Schlesinger livre alors son meilleur cinéma, multipliant les scènes mémorables où se mêlent paranoïa et trahison, dans la grande lignée des films politiques (‘A cause d’un assassinat’, ‘Les trois jours du condor’) ou fantastiques (‘Rosemary’s Baby’) de l’époque. Quelques plans au cordeau, une pénombre étudiée, un hors-champ savamment entretenu, un score angoissant et minimaliste (le bien nommé Michael Small) suffisent alors au réalisateur de ‘Billy Liar’ pour renouer avec le meilleur du thriller des seventies. A l’image de la fameuse séquence de la baignoire, d’une réjouissante maîtrise, et qui n’a rien à envier aux plus belles scènes de trouille de Jacques Tourneur. Ou encore, évidemment, la mythique scène du dentiste, modèle de découpage et de dilatation du temps (la répétition systématique, froide et mécanique d’une même question, incompréhensible : « Is it safe ? »), qui distille au fil de longues minutes un terrible malaise. Impressionnant de maîtrise, Schlesinger flanche pourtant sur la toute fin, et l’on se prend à regretter que la confrontation ultime n’atteigne jamais les cimes de l’heure précédente. Sinon bâclées, du moins expédiées (décor peu convaincant, fléchissement de la tension, attitude peu crédible de Szell, cadrages appuyés…), les dernières minutes rappellent alors malheureusement plus le Schlesinger de ‘Fenêtres sur Pacifique’ que celui de ‘Macadam Cowboy’. Si l’on sait faire fi de cette fin un peu hâtive, ‘Marathon Man’ reste un must. Qui, s’il se contente d’esquisser à grands traits ses thèmes principaux, n’en reste pas moins un digne représentant du meilleur cinéma américain des années 70. Un cinéma adulte et mûr qui, dans son carcan hollywoodien joue à merveille du politique et de l’Entertainment.

Xavier Jamet


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