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Sur les quais

Affiche de Sur les quais

On the Waterfront

Réalisé par Elia Kazan 

Drame - États-Unis - 1954

Aucune diffusion prévue à ce jour.
Terry Malloy (Marlon Brando) est un boxeur raté devenu docker. Son frère, Charley (Rod Steiger), est l’avocat du syndicat des dockers, dirigé par Johnny Friendly (Lee J. Cobb), un homme corrompu qui entretient des rapports avec la mafia. Terry est mêlé au meurtre d’un docker qui s’opposait au syndicat. Edie (Eva Marie Saint), la sœur de la victime, et le père Barry (Karl Malden) le pousse à témoigner contre Friendly. Kazan n’a eu de cesse de film en film de critiquer les dysfonctionnements du système américain. Ici, il parle de la corruption dans les milieux syndicaux, ce qui lui vaudra une réception critique très dure par nombre de critiques de gauche, notamment en France où le film est jugé obscène par une grande partie d’entre elle. Le film obtient un Lion d’Argent à Venise, trois Oscars (meilleur film, meilleur interprétation masculine pour Brando et meilleur second rôle pour Eva Marie Saint), autant de récompenses inattendues, sachant que Kazan s’est battu pour réaliser ce film, rejeté par le géant Zanuck (qui ne voit pas qui peut être intéressé par une histoire sur les syndicats) et récupéré in extrémis par Sam Spiegel. Le film est écrit par Budd Schulberg, qui signera dans la foulée les superbes scénarios d’ « Un homme dans la rue », toujours pour Kazan, et de « La Forêt interdite », peut-être le chef-d’œuvre de Nicholas Ray. Schulberg était, comme Kazan, au Parti Communiste américain et tous deux l’ont quitté au moment où le parti penchait vers la justification du stalinisme. « Sur les quais » fait bien sûr écho à leur témoignage devant la Commission des Activités Anti-américaines, et le film est une forme de justification quant à leur collaboration. Le côté christique du parcours de Terry force même artificiellement la sympathie du spectateur, Schulberg et Kazan espérant certainement apporter à leurs actes un éclairage plus favorable. Ce côté forcé peut se révéler déplaisant et devient la principale faiblesse du film, tant il est évident que la corruption par la mafia d’un syndicat et la prétendue infiltration de l’industrie du film par le Parti Communiste russe ont peu en commun, tout comme le cas de conscience de Terry ne peut représenter à l'écran celui des deux artistes. Mais si l’on met de côté ces rapprochements douteux, « Sur les quais » reste un film fort ; le parcours de Terry, sa prise de conscience, ses multiples doutes se transformant grâce à la mise en scène de Kazan et à la qualité du script de Schulberg en un suspense prenant, passionnant de bout en bout. Schulberg a approché les dockers, les a longtemps accompagnés dans leur quotidien pour préparer son film, et la qualité de la reconstitution de leur univers à l'écran doit beaucoup à cette approche journalistique. Ce côté documentaire trouve son prolongement dans la volonté de Kazan de tourner dans la rue. Boris Kaufman, le frère de Dziga Vertov, signe la photographie du film. Il a déjà travaillé sur le vif avec Jean Vigo, et cette capacité à s’approprier la rue et les décors naturels fait ici merveille. Marlon Brando, Rod Steiger et Karl Malden nous offrent de magnifiques prestations, ce qui achève de faire de « Sur les quais », non pas un grand film de Kazan, mais un film assez solide et innovant pour acquérir son titre de petit classique.

Olivier Bitoun



Olivier Bitoun Ronny Chester François-Olivier Lefevre Erick Maurel Antoine Royer Franck Suzanne
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