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Pulsions

Affiche de Pulsions

Dressed to Kill

Réalisé par Brian De Palma 

Thriller, Suspens - États-Unis - 1980

Aucune diffusion prévue à ce jour.
Kate Miller est une bourgeoise new-yorkaise, belle et distinguée, qui s'ennuie dans son ménage et connaît une vie sexuelle frustrée. Habitée par des fantasmes, dans lesquels elle se fait sexuellement agresser, elle consulte régulièrement un psychanalyste, le Dr Robert Elliott. Un jour, lors d'une visite dans un musée, elle est attirée par un inconnu qui l'observe, et va jusqu'à le suivre pour lui faire l'amour. Cette décision scellera son destin, car elle sera victime d'un terrible meurtre à l'arme blanche. Alors que la police prend l'affaire à la légère, une prostituée témoin du crime et le propre fils de Kate décident de mener l'enquête. Dans les années 70, Brian De Palma, après avoir signé quelques films contestataires typiques des années 60, mais contenant déjà bon nombre de ses obsessions, a définitivement pris le virage des thrillers sensuels et sophistiqués à partir de Sœurs de sang. Après Obsession, Carrie et Furie, et avant Blow Out et Body Double, Pulsions représente peut-être le film le plus fascinant et le plus abouti dans cette veine maniériste (même si l'on est en droit de lui préférer Blow Out). De Palma poursuit son champ d'expérimentations en prenant l'œuvre d'Alfred Hitchcock, non pas comme un réseau basique d'influences, ce qui lui fut si bêtement reproché, mais comme un terrain d'investigation, comme la matrice même d'un cinéma à étudier, à reconstruire, à réinterpréter, à décliner sous des formes différentes. Dressed to Kill, thriller à la fois érotique et douloureux, emprunte un peu une structure à la Psychose, changeant de personnage principal en cours de route, pour nous amener vers la révélation d'une âme dérangée et torturée par une obsession maladive. De Palma, minimisant les dialogues au maximum, joue à merveilles des faux-semblants, des échelles de plans (notamment avec ses ingénieux split-screens), du hors champ, des décors en profondeur sondés par sa caméra sinueuse et à l'affût des moindres sursauts, et de la peur des émotions les plus inavouables qui résultent de cette architecture en arabesques diffus. Pulsions mêle avec maestria raffinement et mauvais goût ostentatoire dans un ballet mortuaire et hypnotique, qui n'oublie heureusement pas d'accorder toute sa place à la tragédie. Pino Donaggio compose à cet effet l'une des ses musiques les plus lyriques et troublantes. Pulsions bénéficie en outre de la participation de la légendaire et sensuelle Angie Dickinson dans un emploi qui révèle crûment l'érotisme qui lui a toujours été associé (même si elle fut doublée pour la fameuse séquence de la douche qui ouvre le film). A ses côtés, on retrouve le toujours parfait Michael Caine, les fidèles Nancy Allen et Dennis Franz, ainsi que Keith Gordon, héros duChristine de John Carpenter et futur réalisateur.

Ronny Chester

Pulsions est une œuvre emblématique de la filmographie de Brian De Palma. C’est d’une part l’une de ses plus grandes réussites en tant que thriller, d’autre part d’un point de vue formel c’est l’un de ses aboutissements. Pulsions se présente comme une relecture de Psychose : un femme ordinaire, campée par une actrice connue, provoque une rupture dans sa routine quotidienne – quand Janet Leigh dévalisait son patron avant de s’enfuir, Angie Dickinson s’offre une aventure extra-conjugale, qui lui réservera une mauvaise surprise. Dans les deux cas, elles sont victimes d’un tueur. L’enquête sera menée par leurs proches – dans le Hitchcock, sœur et fiancé, dans le De Palma, son fils, interprété par l’excellent Keith Gordon. Un canevas hitchcockien où De Palma trouve matière à exprimer ses obsessions et motifs visuels habituels : voyeurisme, meurtres en espace lot,… Mais c’est surtout l’occasion de nous offrir de nombreux numéros de bravoure, dont une poursuite dans le métro d’anthologie, et surtout une longue scène de drague muette dans un musée qui démontre, s’il en était encore besoin, que Brian De Palma est un réalisateur surdoué, parfaitement maître de la grammaire cinématographique. On peut éventuellement lui préférer ‘Blow Out’, tourné l’année suivante, mais si De Palma réalisera encore quelques chefs d’œuvre après 1981 dans d’autres genres, aucun de ses thrillers suivants n’atteindra ce niveau. Une œuvre maîtresse qui a profondément marqué toute une génération de cinéphiles, à revoir et décortiquer plan par plan.

Franck Suzanne


Olivier Bitoun Ronny Chester François-Olivier Lefevre Erick Maurel Antoine Royer Franck Suzanne
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