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Dorothy

Affiche de Dorothy

Dorothy Mills

Réalisé par Agnès Merlet 

Fantastique, Horreur - France - 2008

CinéCinéma Frisson Lundi 13 septembre 2010 à 20 h 40
CinéCinéma Frisson Mardi 14 septembre 2010 à 10 h 10
CinéCinéma Frisson Jeudi 16 septembre 2010 à 13 h 30
Une psychiatre spécialisée dans les troubles de la personnalité des enfants débarque sur une île au large du Donegal (dans le nord de l’Eire) pour étudier le cas d’une jeune adolescente. Très vite, elle va se heurter à l’hostilité des habitants de la communauté, qui ne voient pas d’un bon œil l’intrusion de cette étrangère dans leur quotidien. Pendant une bonne heure, le film d’Agnès Merlet (production française en langue anglaise) séduit par l’installation progressive d’une atmosphère de mystère et de méfiance réciproque, dans ces landes brumeuses propices aux dérives de l’imaginaire. La description de cette communauté recluse sur ses principes et sur ses secrets enfouis s’avère particulièrement efficace pour permettre au spectateur de s’identifier à l’intruse, en faisant subir les mêmes regards fuyants et en maintenant l’opacité de tout un chacun, comme pour mieux provoquer une impression de claustrophobie à ciel ouvert. Le malaise ainsi éprouvé rappelle parfois l’étrangeté nébuleuse de la première partie du "Wicker Man" de Robin Hardy, ou le "Carnival of Souls" de Herk Harvey, d’autant que, comme son titre l’indique, le film repose tout entier sur la dérangeante figure de la jeune Dorothy, dont on ne parvient pas, dans un premier temps, à savoir si elle est une victime innocente de sa condition ou une enfant perverse conscience de ses actes. Habitée par de multiples personnalités, la jeune fille laisse tour à tour s’exprimer chacune d’entre elles, et si le principe n’est pas neuf - on se souvient du numéro à la frontière du grotesque de John Lithgow dans "Raising Cain" - la virtuosité et la personnalité de la jeune comédienne (Jenn Murray, dans son premier rôle) impressionnent assez régulièrement : elle est l’effet spécial le plus saisissant d’un film globalement très convaincant dans son interprétation, qui confronte une belle galerie de « gueules » à la beauté diaphane de Carice Van Houten ("Black Book"), ici brune. Tout ceci bien pesé, "Dorothy" avait tout d’une réussite, voire même d’une réussite majeure pour une production de genre française. Las, le film sombre dans sa dernière partie, comme tant d’autres avant lui, à la tentation du tout-explicatif (voire, littéralement, du « démonstratif ») et de l’esbroufe mal à propos ; le dernier retournement, en particulier, pour spectaculaire qu’il puisse être, était non seulement très dispensable mais rend presque incohérente la séquence tragique l’ayant précédée. Comme pour finaliser le gâchis, le film se clôt sur un plan de ciel raté, plus risible que poétique. Malgré les importantes réserves suscitées par ce fiasco final, on insistera donc sur la belle tenue du reste, en gardant dans un coin de la tête les noms prometteurs d’Agnès Merlet et, surtout, de Jenn Murray.

Antoine Royer


Olivier Bitoun Ronny Chester François-Olivier Lefevre Erick Maurel Antoine Royer Franck Suzanne
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