Chercher un film :

L'Espion qui m'aimait

Affiche de L'Espion qui m'aimait

The Spy Who Loved Me

Réalisé par Lewis Gilbert 

Espionnage - États-Unis - 1977

Aucune diffusion prévue à ce jour.
Un riche industriel, Karl Stromberg, puissant armateur et grand passionné de vie sous-marine, utilise une technologie révolutionnaire pour pister les sous-marins nucléaires des grandes puissances afin de s'en emparer et de mettre une touche finale à son plan machiavélique de destruction/reconstruction du monde. Ainsi, deux bâtiments, anglais et soviétique, disparaissent subitement à la grande stupeur de leurs autorités respectives. La mission de l'insubmersible James Bond est de retrouver le sous-marin de la Royal Navy, qui emportait avec lui une quinzaine d'ogives à tête nucléaire. Mais 007 va devoir, non sans mal et avec nombre de rebondissements dus au manque de confiance respectif, faire équipe avec le major Anya Amasova, alias Triple X, une belle et intrépide agent du KGB, pour contrer les desseins funestes de ce nouveau némesis. En 1977, Roger Moore endosse la panoplie de l'illustre agent britannique pour la troisième fois et l'on peut dire, sans beaucoup se tromper, qu'il a fallu attendre cet "Espion qui m'aimait" pour que l'acteur se sente parfaitement à l'aise dans la peau de ce personnage hors norme et, surtout, que cet épisode parvienne à égaler certains de ses illustres prédécesseurs des années 60 (tout en recyclant nombre de leurs caractéristiques). "Vivre et laisser mourir" (qui surfait un peu paresseusement sur la vague de la Blaxspoitation) et "L'Homme au pistolet d'or" (qui se réduisait peu ou prou à un "mano a mano" entre James Bond et un légendaire tueur à gages) avaient déçu sur plusieurs plans malgré une refonte totale de la saga. Arrive donc "The Spy Who Loved Me" avec le retour d'une grandiloquence assumée (et déclinée sur tous les plans, les décors du grand Ken Adam en imposent particulièrement), ses nombreuses destinations exotiques, son aspect parfois épique, son étalage de gadgets, son humour second degré et référentiel (parfaitement servi par les haussements de sourcils mi-blasés mi-étonnés de Roger Moore), ses quelques élans potaches et son traitement "bande dessinée" rafraîchissant (cf. l'apparition du monstrueux "Jaws", grand méchant de 2 m 20 aux mâchoires d'acier, qui découpe tout ce qu'il saisit avec sa bouche). Last but not least, notre héros se voit affublé de son double féminin ! Très loin de figurer au rang des potiches "jamesbondiennes", l'agent Amasova est une héroïne à part entière. Interprétée par la sublime Barbara Bach (source de fantasmes pour beaucoup des spectateurs…), et certainement l'une des plus belles, charmantes et désirables des "James Bond Girls" de l'histoire, Anya Amasova fait preuve d'une audace, d'une intelligence et d'une force (au moins sur le papier, car l'actrice peine souvent à convaincre sur un plan dramatique) telles que notre beau mâle doit redoubler d'efforts pour rester au faîte de son pouvoir de séduction masculin et de son flegme légendaire, l'autodérision de Roger Moore faisant le reste. Le 007 à la sauce Sean Connery est définitivement enterré, mais la franchise Bond vogue désormais sur d'autres latitudes qui ne sont pas moins stimulantes. Enfin, les producteurs de la franchise étant assez malins (bien que Harry Saltzman ait quitté le navire, laissant Albert Broccoli seul maître d'oeuvre), la saga James Bond colle toujours parfaitement à son époque, et c'est ce qui fait l'autre intérêt de ce nouvel opus. Au-delà du féminisme qui s'affirme dans nos sociétés occidentales dans ces années 70, l'époque est à la détente entre les deux blocs (les Etats-Unis ont élu un vrai Démocrate en la personne de Jimmy Carter), et "L'Espion qui m'aimait" de rétablir une vieille alliance Grande-Bretagne/URSS/USA contre les visées annihilatrices de l'Allemand Stromberg. Bref, avec ses autocitations bienvenues, sa succession de séquences très spectaculaires, son hyperbolisme mêlé d'humour, ses femmes d'action et ses aggiornamentos plus ou moins heureux (on pourra regretter l'absence de John Barry mais le score disco/pop de Marvin Hamlisch participe de cette modernisation), "L'Espion qui m'aimait" restera cet épisode bondien quasi irrésistible, fréquemment cité parmi les meilleurs de la saga, et à plus d'un titre particulièrement roboratif.

Ronny Chester


En savoir plus sur "L'Espion qui m'aimait" sur DVDClassik


Olivier Bitoun Ronny Chester François-Olivier Lefevre Erick Maurel Antoine Royer Franck Suzanne
3 4 4 2 3 2

: clAssik : À ne pas rater : À découvrir
: À l'occasion : À vos risques et périls : À fuir

Soyez le premier à déposer un commentaire.

Déposer un commentaire

Nom
Appréciation
Commentaire