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La dernière flèche

Affiche de La dernière flèche

Pony Soldier

Réalisé par Ladislas Starewitch 

Western - États-Unis - 1952

Aucune diffusion prévue à ce jour.
Le royaume de Noble le Lion est sans dessus dessous suite aux malversations de Maître Renart. Il chaparde, trompe et ment sans vergogne et les doléances des sujets s’accumulent. Excédé Noble rend un édit royal interdisant à quiconque de manger de la viande ou du poisson. Renart ne l’entend pas de cette oreille et continue à défier l’autorité. Arrêté, il est condamné à être pendu. Il parvient à convaincre Noble de le libérer avant que ce dernier ne se rende compte de la supercherie et assiège le château de Malpertuis où le filou a trouvé refuge. « Le Roman de Renart » est l’œuvre la plus emblématique de Ladislas Starewitch avec ses animaux humanisés qui sont florès dans son œuvre, son cadre moyenâgeux, ses songes, son humour noir. « Le Roman de Renart » est à l’origine une suite de poèmes écrits par différents auteurs entre la fin du XIIème et la fin du XIIIème siècle. Ces récits font souvent intervenir le narrateur, procédé qui permettait aux conteurs ambulants d’appréhender directement le public. Starewitch retrouve cet aspect dans la conception de son film, la voix off du narrateur s’amusant à mener la danse. Ce n’est pas une vision sage et scolaire de la version de Goethe (ici adaptée), mais un film souvent iconoclaste, qui joue de son statut d’œuvre animée et affiche son artificialité avec panache. Ainsi un singe ouvre le récit, mettant en route une caméra comme s’il s’agissait d’un limonaire. Starewitch conçoit son film comme un prolongement moderne des spectacles de troubadours du moyen âge, n’hésitant pas à faire appel à un côté légèrement grivois ou encore à s’amuser de certains anachronismes (un duel entre Renart et le Loup est commenté comme une rencontre sportive retransmise sur les vieilles TSF). Ce qui est saisissant dans chacun des films de Starewitch, c’est la capacité de leur auteur à faire vivre ses personnages. La finesse, la précision, la justesse des mimiques et des gestes est tout simplement foudroyante. Les expressions des visages sont d’un réalisme incroyable et Starewitch trouve à chaque fois le ton juste, le détail qui nous fait pleinement croire dans ses créatures animées. Il n’a pas peur de filmer les visages en plans serrés, ainsi l’on voit les larmes poindre aux coins de yeux, les plumes des volatiles se soulever, les poitrines respirer…On ressent constamment que pour lui, cinéma pour enfant ne signifie pas cinéma "au rabais". C’est dans cette optique qu’il fait appel à Jean Nohain pour les dialogues et à Vincent Scotto pour la musique. Starewitch veut se donner les moyens de son imaginaire. C’est d’ailleurs à cause de cette volonté de réaliser un film sonore que la sortie du film sera retardée pendant dix ans. En effet, le film est prêt dès 1930, mais sortira en France seulement en 1941. Malgré un très bel accueil public et critique, il disparaîtra des écrans jusqu’aux années quatre-vingt dix où il connaîtra une résurrection amplement méritée.

Olivier Bitoun



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