Chercher un film :

La dernière flèche

Affiche de La dernière flèche

Pony Soldier

Réalisé par Ingmar Bergman 

Western - États-Unis - 1952

Aucune diffusion prévue à ce jour.
Suède, 1907. Dans le théâtre dirigé par Oscar Ekdahl, se joue la pièce annuelle des fêtes de Noël. Dans la demeure d’Helena, la mère d’Oscar, célèbre actrice désormais à la retraite, les préparatifs du banquet familial vont bon train sous les directives de Gustav-Adolf, son deuxième fils. Alexandre, le fils d’Oscar, guette dans les salons encore déserts l’heure où les objets s’animent... « Fanny et Alexandre » est conçu par Bergman comme le film testament de sa carrière. Le film se termine d’ailleurs sur un hommage direct à Strindberg dont les écrits ont frappé Bergman enfant et qui l’ont poussé à écrire ses premières pièces. « Fanny et Alexandre » frappe par son apaisement, sa sérénité, comme si Bergman avait réglé ses comptes avec la vie et la mort, comme s’il avait calmé ces angoisses qui le tiraillaient jusqu’ici et faisaient de son cinéma un condensé des douleurs de l’âme. Comme si l’art était enfin parvenu à panser les plaies les plus profondes. Bergman dans cette œuvre qu’il considère comme ultime, recrée son enfance, en reproduit et en immortalise les moments les plus précieux, les plus remplis d’amour, les plus magiques. C’est une œuvre profondément autobiographique, accomplissement d’une démarche artistique qui a consisté tout au long de sa filmographie à innerver ses fictions de son propre univers intérieur, de son intimité la plus nue, de son histoire et de ses souvenirs. Si Bergman réalise une biographie à peine déguisée de sa jeunesse, il fait surtout resurgir les sensations de l’enfance. Une perception du monde exacerbée, une fascination pour les secrets du monde mêlée de crainte, toutes choses que l’âge adulte enfouit mais que le cinéaste fait resurgir par la seule magie de sa mise en scène. « Fanny et Alexandre » est, avec « Cria Cuevo"s et « L’Esprit de la ruche », le grand chef-d’œuvre sur l’enfance. Il partage avec ces deux films la volonté d’offrir au spectateur un regard sur le monde qui est celui d’un enfant, et non un regard sur l’enfance. C'est aussi une œuvre sur le théâtre, sur le temps, aboutissement d'une réflexion menée sur toute une vie. Il y a une sorte de joie de Bergman a réaliser un film très classique, romantique même, tendances qui ont toujours nourri son cinéma mais qu’il semblait jusqu’ici repousser. Alors que jusqu’à présent Bergman creusait à chacun de ses films au plus profond de lui, explorant des thèmes et des styles jusqu’à leur noyau, jusqu’à l’os, « Fanny et Alexandre » englobe. Le film se déploie, tour à tour expérimental ou classique, parcourant les obsessions et les images de son oeuvre. Comme un retour sur son parcours de cinéma, il fait appel à Harriet Andersson, elle qui n’a plus tournée pour lui depuis « Toutes ses femmes » en 1964. Cet adieu au cinéma (temporaire) est une œuvre à la fois ample et démesurée, intime et fragile, personnelle et universelle. Le plus beau des cadeaux que le plus grand artiste du XXème siècle pouvait nous offrir.

Olivier Bitoun



Olivier Bitoun Ronny Chester François-Olivier Lefevre Erick Maurel Antoine Royer Franck Suzanne
4 6

: clAssik : À ne pas rater : À découvrir
: À l'occasion : À vos risques et périls : À fuir

Soyez le premier à déposer un commentaire.

Déposer un commentaire

Nom
Appréciation
Commentaire