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Christine

Affiche de Christine

Christine

Réalisé par John Carpenter 

Fantastique, Horreur - États-Unis - 1983

Aucune diffusion prévue à ce jour.
Arnie (Keith - Pulsions - Gordon) est un ado complexé, timide, caché derrière ses grandes lunettes. Il trouve chez un vieil homme une voiture (une Plymouth Fury 1957 rouge) complètement délabrée dont il tombe immédiatement amoureux. Son ami Dennis, un beau gosse athlète et tombeur de filles, essaye de le dissuader d'acheter cette épave, mais rien n'y fait et Arnie s'échine dès lors à la retaper. Au fur et à mesure que la voiture reprend forme, Arnie se transforme : il sort avec Leigh, la plus belle fille du Lycée, il devient arrogant et cynique. Mais au-delà de cette assurance insupportable qui pourrait n'être dû qu'au sentiment de supériorité d'un garçon au volant d'une voiture magnifique, il y a quelque chose de plus profond qui se tisse entre Christine et Arnie : un amour véritable, amour que la voiture lui rend au centuple, amour exclusif qu'elle entend protéger. C'est connu, la voiture est un symbole de la jeunesse, une image de virilité et Carpenter, à partir de l'adaptation d'un roman de Stephen King signée Bill Philips, joue constamment sur ces deux aspects. En montrant la fierté et l'arrogance d'Arnie, il évoque cet instinct de possession, ce penchant pour le consumérisme de la société américaine. Quant à la sexualité, il parvient à rendre la liaison de Christine et Arnie trouble jusqu'au malaise. C'est certainement ce qui intéresse le plus le cinéaste, montrer la sexualité obsessive de son jeune héros et l'ancrer dans un fétichisme automobile propre au mâle américain. Carpenter use (et abuse parfois) de la symbolique de ses images pour traiter de cette sexualité, mais il parvient à faire de la relation entre Arnie et Christine une histoire d'amour dévorante, totale et finalement touchante. Mais le sujet a ses limites et Carpenter ne parvient pas toujours à dépasser le postulat de base et le déroulement d'un scénario finalement attendu. Le film semble même par moment être en pilotage automatique, abandonné au studio dont l'ambition consiste simplement à capitaliser sur un best-seller, la préparation du film commençant même avant la publication du roman histoire de surfer en direct sur un succès de libraire attendu. Une manière pour Carpenter de montrer patte blanche ? Certainement, tant le réalisateur a du mal à se remettre de l'incompréhensible échec de "The Thing". Il expurge Christine de la violence visuelle et des ambiances étouffantes de ses précédents films et utilise son savoir-faire avant tout pour provoquer des frissons, certes bien présents, mais assez inoffensifs. "Christine" est une œuvre bâtarde, entre la description d'une relation tordue et le simple teenage movie d'horreur, entre la critique du consumérisme et les blagues potaches à la "Porky's". Mais l'objectif est atteint : le film rapporte plus de vingt millions de dollars (pour un budget d'une dizaine) et il est salué par l'ensemble de la critique américaine. Un succès qui permet à Carpenter de rebondir et de réaliser "Starman", une œuvre autrement plus surprenante et personnelle. Reste que "Christine" possède suffisamment de zones d'ombres et que Carpenter fait preuve d'un tel sens de la mise en scène que le plaisir pris à la vision du film dépasse la déception de voir le cinéaste s'être ainsi fourvoyé dans un projet qui ne lui ressemble guère.

Olivier Bitoun


Olivier Bitoun Ronny Chester François-Olivier Lefevre Erick Maurel Antoine Royer Franck Suzanne
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