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Requiem for a Dream

Affiche de Requiem for a Dream

Requiem for a Dream

Réalisé par Darren Aronofsky 

Drame - États-Unis - 2000

Aucune diffusion prévue à ce jour.
Pour son deuxième long métrage après le très remarqué « Pi », Darren Aronofsky se lance dans l’adaptation d’un roman colossal d’Hubert Selby Jr., Retour à Brooklyn, écrit en 1976. Selby et Aronofsky se sont rencontrés alors que le cinéaste était encore étudiant en cinéma et souhaitait adapter une nouvelle de l’écrivain. Selby, aussi admiré que redouté, s’est pris de confiance pour le jeune homme et, admiratif devant « Pi », a contre toute attente accepté d’adapter avec lui son roman pour l’écran. « Requiem for a Dream », c’est le portrait de quatre personnages qui ont pris un aller simple pour l’enfer. Harry (Jared Leto), Marion (Jennifer) et Tyron (Marlon Wayans) sont trois jeunes accros à l’héroïne, tandis que la mère de Harry, Sara (Ellen Burstyn, au-delà des mots) se shoote aux médicaments et à la télévision. Quatre trajets, sur quatre saisons, qui filent dans un montage alterné. Quatre trajets, quatre solitudes, car même lorsque Harry et Marion partagent un moment d’intimité, ils sont séparés à l’écran par la limite du split screen. Le montage alterné, d’abord lent, s’accélère et se fait de plus en plus fractionné au fur et à mesure que leurs vies se réduisent, se délitent et se détruisent. Comme pour suivre les pulsations d’un cœur qui s’emballe, les images se succèdent, s’entrechoquent, fragments de plus en plus épars de ces vies qui implosent et de ces corps qui se désagrègent. La confusion règne et les seuls repères qui demeurent sont ceux des shoots, des prises de médicaments, inserts récurrents qui rendent compte du rituel de la prise de drogue. La brièveté du montage rend la sensation du shoot, de cet instant fugace longtemps recherché, attendu. Entre deux prises, il n’y a plus rien qui fait sens. La maladie, le vol, la prostitution, les hématomes, l’hôpital, la prison... tous ces évènements courent sur les personnages mais ils en ont à peine conscience, ils ont de toute manière perdu depuis longtemps toute prise sur le réel. Au début, la drogue est un moyen d’oublier un temps ce quotidien morne qui enserre les personnages. Mais, rapidement, c’est la fuite éperdue devant le réel, course sans fin dont le seul horizon est le mur sur lequel ils vont s’écraser. Le rythme syncopé du film, accompagné des boucles musicales entêtantes du Kronos Quartet, rend parfaitement la sensation d’un monde qui s’accélère et de la perte de contrôle. Le film est étouffant, la mécanique de mise en scène ne laisse aucune issue aux personnages. Plus on avance dans « Requiem for a Dream », plus le sentiment d’inéluctabilité nous enserre et nous étouffe, plus on plonge dans un cauchemar sans issue. Usant (et abusant diront certains) d’effets issus du clip et du cinéma expérimental (grand angulaire, split screen, ralentis, accélérés, inserts...) le cinéaste rend palpable le sentiment d'un réalité qui se désagrège au fur et à mesure que la drogue contamine la vie des personnages. « Requiem for a Dream » est un film d’une violence souvent insoutenable, où Selby et Aronofsky montrent comment se détruisent les accros aux rêve américain. Le film est en effet une charge contre cette société mensongère qui ne cesse de façonner (par la télé, la pub) des horizons inaccessibles. Derrière l’horreur, il y a toutefois une immense compassion pour les personnages et l’on ressent la profonde tristesse des auteurs de les voir ainsi se détruire. Fuyant tout regard moralisateur, Hubert Selby et Darren Aronofsky ne les jugent jamais : ce ne sont pas eux qui sont malades, c’est la société.

Olivier Bitoun



Olivier Bitoun Ronny Chester François-Olivier Lefevre Erick Maurel Antoine Royer Franck Suzanne
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