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La dernière flèche

Affiche de La dernière flèche

Pony Soldier

Réalisé par Elia Kazan 

Western - États-Unis - 1952

Aucune diffusion prévue à ce jour.
Blanche Dubois (Vivian Leigh) vient habiter chez sa sœur Stella (Kim Hunter) à la Nouvelle Orléans. Stanley Kowalski (Marlon Brando), le mari de Stella, ne supporte pas les grands airs de dame perdue dans la fange d'un quartier miteux que prend sa belle sœur. Mitch (Karl Malden), un ami de Stanley, s'éprend de Blanche mais ce dernier, par vengeance, par dégoût, par jalousie, la fait descendre de son piédestal en la présentant comme une nymphomane qui mène une vie de débauche depuis la mort de son mari. Abandonnée, Blanche se rapproche alors de Stanley, à la fois fascinée et repoussée par sa personnalité violente. Cinq ans plus tôt, Elia Kazan offre à un acteur encore inconnu le premier rôle dans l'adaptation théâtrale d'Un Tramway nommé Désir de Tennessee Williams. La pièce est un immense triomphe public et critique et, plus de huit cent représentations plus tard, Marlon Brando s'impose comme l'un des plus grands acteurs de sa génération. Lorsque Kazan décide de porter la pièce au cinéma, il reprend les comédiens qui ont triomphé sur les planches, à l'exception de Jessica Tandy, remplacée par Vivian Leigh qui a joué Blanche sur les scènes londoniennes sous la direction de son mari Laurence Olivier. Si Un tramway nommé Désir marque par le talent de ses interprètes (Vivian Leigh remporte l'Oscar de la meilleure interprétation féminine tandis que Kim Hunter et Karl Malden obtiennent les prix d'interprétation dans un second rôle), le film ne se réduit pas à la simple prouesse de leur jeu. Le travail sur les décors (signés Richard Dave qui obtient également un Oscar) est un autre atout du film : ceux-ci suintent, dégoulinent, enferment les personnages dans une gangue glauque et étouffante qui reflète leur mal-être intérieur et qui évoque également l'abandon de la classe ouvrière américaine par son gouvernement. Si le film repose sur la description d'une frange de la société en pleine décrépitude, c'est avant tout une œuvre troublante sur les passions, une joute amoureuse d'une rare violence, à la fois sensuelle et sauvage. Des passions presque animales sur lesquelles Kazan joue avec génie, montrant Stanley dévorer la chair à main nue, s'attardant sur les vêtements trempés de sueur, filmant ses personnages comme des lions en cage, jouant sur le côté bestial de leurs mouvements, violents et érotiques. Ce côté animal n'interdit pas aux personnages d'acquérir une infinie complexité. Premiers et seconds rôles son difficilement réductibles, et chacune de leurs actions et réactions nous interrogent, même au bout de multiples visions. Un tramway nommé Désir est un film magnifique sur la précipitation et la violence des sentiments, une œuvre magistrale et trouble portée par la mise en scène dissonante de Kazan.

Olivier Bitoun



Olivier Bitoun Ronny Chester François-Olivier Lefevre Erick Maurel Antoine Royer Franck Suzanne
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