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La dernière flèche

Affiche de La dernière flèche

Pony Soldier

Réalisé par Allan Moyle 

Western - États-Unis - 1952

Aucune diffusion prévue à ce jour.
Marc Hunter (Christian Slater) est un lycéen timide et solitaire fraîchement débarqué de New York à Paradise Hill en Arizona pour suivre son père qui a obtenu une fonction d'administrateur scolaire dans l'établissement qu'il fréquente. Le soir, il s'enferme dans sa chambre et, sous le pseudonyme de Hard Harry (Harry-la-Trique en français), diffuse une émission pirate qui va bientôt bouleverser la vie du campus. D’abords confidentiels, ses interventions contre l'institution, sa dénonciation du cynisme de certains professeurs, ses appels à « ouvrir sa gueule » mais aussi sa ferveur poétique et sa façon de parler du mal être adolescent deviennent le rendez-vous fédérateur de tous les lycéens. Inquiétés par le phénomène, la directrice et le proviseur traquent le pirate, bientôt aidés par la police après qu'un étudiant se soit suicidé après avoir conversé sur les ondes avec Harry. Harry/Marc, dépassé par les évènements, devient malgré lui le porte-parole d'une génération perdue. Mais il est avant tout un vecteur qui leur permet d'exprimer enfin tout ce qu'ils ont en eux et que jusqu'ici ils ne pouvaient que taire : leur incompréhension du système, leur rejet d'une société consumériste, les drames familiaux, la peur de l'avenir. Seulement, Marc n'a rien d'un leader et son émission radio il l'a avant tout conçue comme un exutoire à ses propres frustrations, et non comme un moyen d'en appeler à la révolution. Prendre la parole c'est pour lui un moyen de se sentir exister, d'être autre chose que cette silhouette qui, comme tant d'autres, arpente les couloirs du lycée la tête baissée, solitaire. Aussi, ce qui se joue en lui, c'est l'acceptation de son statut de leader, c'est sa politisation, c'est la transformation d'un mal être intime en discours, en appel salvateur à une prise de conscience généralisée. La filiation du film d'Allan Moyle (cinéaste indépendant dont les œuvres n'ont guère franchies nos frontières depuis) avec le cinéma de John Hughes est évidente. Évidente car Moyle et l'auteur de Breakfast Club ont su proposer un regard lucide, un brin désespéré, sur le monde adolescent pour une fois considéré autrement que comme une cible marketing. Il est ici question de pression sociale et familiale, d'incapacité à trouver sa place, de désenchantement là où habituellement le teen movie est le royaume du gag potache et de l'utilisation de l'éveil sexuel comme ressort comique et graveleux. Moyle et Hughes savent parler de ce moment de la vie fait de remise en cause du modèle familial, de découverte de soi et de son corps (et conséquemment de son rejet), d'une compréhension nouvelle du monde et donc d'appréhension et de peur. Lorsque l'on resitue les films de Moyle et Hughes dans le contexte des teen movies de l'époque (pour faire vite la série des Porky's), la différence est éclatante, et ce ne sont pas les bientôt vingt années passées depuis leur réalisation qui ont changé les choses : ce sous-genre est décidément le repère de la démagogie, de l'exploitation cynique de l'adolescence (les bimbos comme réponse à l'éveil de la sexualité), du marketing éhonté. Où comment considérer une tranche d'âge comme une cible et non comme un ensemble complexe de personnes. Pump up the Volume marque donc par sa sincérité totale, son approche toute en finesse de l'adolescence mais aussi par sa poésie que ne contredisent pas les dialogues explicites et imagés qui y sont tenus. Film touchant et sensible, Pump Up the Volume est aussi un cri de rage salvateur, un film bourré d'énergie, une œuvre foncièrement contestataire et transgressive. Si on ajoute à cela une BO galvanisante (qui fait se rencontrer Leonard Cohen, Pixies, Peter Murphy, Sonic Youth, Cowboy Junkies, Urban Dance Squad, Beastie Boys...) et un casting parfait au premier rang desquels on notera le tout jeune Christian Slater (qui vient de jouer dans le très intéressant et thématiquement proche Heathers) et la touchante Samantha Mathis, on tient bien ici la perle du genre, pourtant incroyable échec au box office américain.

Olivier Bitoun



Olivier Bitoun Ronny Chester François-Olivier Lefevre Erick Maurel Antoine Royer Franck Suzanne
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