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La dernière flèche

Affiche de La dernière flèche

Pony Soldier

Réalisé par Alfred Hitchcock 

Western - États-Unis - 1952

Aucune diffusion prévue à ce jour.
Mrs. Paradine (Alida Valli) est accusée d’avoir assassiné son riche mari aveugle. Keane (Gregory Peck), un jeune avocat doit la défendre. Dès l’enquête préliminaire, il tombe sous le charme de sa cliente et est convaincu de son innocence. Face à lui, le juge Horfield (Charles Laughton) entend bien faire subir une défaite cuisante à son rival en amour, la jeune épouse de Keane ayant repoussé plusieurs fois ses avances. Lorsque l’on apprend que Mrs. Paradine avait une relation avec le palefrenier de son époux, André Latour (Louis Jourdan), l’étau se resserre sur la jeune femme et sa culpabilité ne semble plus faire de doutes. The Paradine Case est le dernier des cinq films qu’Alfred Hitchcock doit signer pour le compte de David O. Selznick, celui qui lui a fait traverser l’Atlantique pour entamer une carrière américaine. Bien que parfaitement intégré au système des studios, Hitchcock étouffe sous la coupe du nabab, Selznick étant, comme les grands producteurs de l’époque, omniprésent à toutes les étapes de création d’un film. Hitchcock peine à imposer ses idées, aussi il refuse plusieurs projets prestigieux, préférant terminer son contrat sur un petit film sans grande ambition qu’il pourrait mener à bien sans perdre de temps. Il accepte donc d’adapter un roman policier de Robert Hichens, imaginant ce film comme un « Lady Chatterley » policier. Seulement, Selznick ne l’entend pas de cette oreille : il réécrit le scénario et en choisissant Louis Jourdan pour jouer l’amant de Mrs. Paradine, enterre définitivement l’idée première d’Hitchcock. Il impose également Gregory Peck, choix que le cinéaste n’approuve guère pour incarner un avocat britannique, ainsi qu’Alida Valli en qui Selznick voit la nouvelle Ingrid Bergman. Mais comme toujours, malgré le poids du producteur, Hitchcock parvient à insuffler à son film ses obsessions habituelles et l’on retrouve ainsi dans The Paradine Case l’attirance d’un homme propre sur lui pour la déchéance et la nuit. Une part d’ombre qu’il découvre au contact d’une femme dont il tombe éperdument amoureux, de façon magnétique, presque animale. Au fur et à mesure que la culpabilité de Mrs. Paradine semble de plus en plus acquise, Keane voit son attrait pour elle se renforcer, troublant paradoxe qui de Soupçons à Vertigo hante l’œuvre du maître. Il est évident que Le Procès Paradine ne côtoie jamais la profondeur de ces œuvres, mais s’il peut être considéré comme un film mineur dans la carrière du cinéaste, il n’en est pas moins un superbe divertissement teinté d’humour et un brin vicieux. Charles Laughton campe avec délectation un juge salace, manipulateur, irrésistible crapule qui emporte l’adhésion du spectateur. Avec la formidable Ethel Barrymore qui incarne son épouse, ils forment un couple délectable qui joue beaucoup dans le plaisir que nous procure le film. Après une introduction brillamment menée qui met en place les enjeux dramatiques et les personnages, la seconde partie du film se concentre sur la partie d’échecs entre Keane et Horfield. Hitchcock déploie alors une mise en scène d’une incroyable précision : choix des cadres (dont des plongée qui montrent la salle de tribunal comme un échiquier), mouvements de caméra (un incroyable double panoramique où Louis Jourdan passe derrière Alida Valli qui « sent » sa présence), échelles de plan, positionnement des acteurs… tout concourt à faire monter une tension que Hitchcock maintient jusqu’à un final troublant.

Olivier Bitoun



Olivier Bitoun Ronny Chester François-Olivier Lefevre Erick Maurel Antoine Royer Franck Suzanne
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