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La dernière flèche

Affiche de La dernière flèche

Pony Soldier

Réalisé par Ernst Lubitsch 

Western - États-Unis - 1952

Aucune diffusion prévue à ce jour.
Selon Jean-Loup Bourget, la fameuse "Lubitsch-touch" caractérise un art où « désir de la richesse et désir sexuel sont dans tous les esprits mais ne sont montrés à l’écran que de manière allusive ou métaphorique. » Eclairé par cette définition, Sérénade à trois pourrait vite apparaître comme un archétype absolu de la comédie lubitschienne, tant le film repose sur ces deux composantes, omniprésentes bien que jamais avouées. George et Thomas, deux artistes bohèmes, rencontrent ainsi dans un train la belle Gilda, deviennent tous trois inséparables, et emménagent ensemble. Quiproquos, jalousies, trahisons, ruptures et retrouvailles, l’argument pourrait être celui d’une pièce de boulevard, mais les talents conjugués de Noel Coward (auteur de la pièce originale), de Ben Hecht (adaptateur pour l’écran) et d’Ernst Lubitsch (metteur en scène) en font une merveille de subtilité et d’immoralité, où toute tentation démonstratrice est esquivée par les silences complices et les ellipses signifiantes. Il est notoire que Lubitsch était surveillé par la rigoureuse censure des années 30 (l’office Hays avait laissé passer le film, mais pas la plus stricte Legion of Decency), et qu’il s'agit là d'une raison à son aptitude unique à louvoyer avec une agilité racée entre les tabous. Mais réduire Lubitsch à un funambule évoluant habilement sur le fil des interdits serait une insulte au cinéaste : c’est avant tout à l’intelligence de son spectateur que Lubitsch s’adressait, et c’est pour lui qu’il refusait de céder à toute forme de facilité. Le divertissement frivole, oui, mais avec classe et distinction ! Sérénade à trois n’est donc pas tant une œuvre délibérément provocatrice qu’une invitation au batifolage spirituel, et distille ainsi encore aujourd’hui cet esprit, cette philosophie épicurienne du plaisir et de l’élégance, très avant-gardiste concernant la libération des mœurs à venir. Mordant des dialogues, truculence des situations, subtilité de l’interprétation (Miriam Hopkins, Gary Cooper, Frederic March mais aussi Edward Everett Horton...) et raffinement de la mise en scène : il est inutile de résister à la douce mélodie de cette délicieuse Sérénade à trois.

Antoine Royer



Olivier Bitoun Ronny Chester François-Olivier Lefevre Erick Maurel Antoine Royer Franck Suzanne
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