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Le Magicien d'Oz

Affiche de Le Magicien d'Oz

The Wizard of Oz

Réalisé par Victor Fleming 

Enfants - États-Unis - 1939

Aucune diffusion prévue à ce jour.
C’est suite au succès de Blanche-Neige et les sept nains en 1938 que la MGM décida d’acquérir les droits des œuvres de Frank Baum (déjà adaptées auparavant dans des films muets) pour en faire une production colossale mêlant le conte pour enfants, l’aventure fantastique et la comédie musicale, et ainsi destinée à toute la famille. Si Mervyn LeRoy manifesta immédiatement son intérêt pour le sujet, il fut cantonné à un rôle de producteur par Louis B. Mayer, et plusieurs réalisateurs - Norman Taurog, Richard Thorpe, George Cukor, King Vidor - se succédèrent avec divers degrés d’implication (Cukor revenant sur les choix de Thorpe, Vidor tournant la séquence d’Over the Rainbow…). Finalement, c’est Victor Fleming qui reprit l’essentiel du projet, avant d’aller quelques mois plus tard de nouveau remplacer Cukor sur l’usant tournage d’Autant en emporte le vent. Comme pour ce dernier film, l’adjonction des talents mais aussi des visions débouchera sur un film protéiforme, assez hétérogène voire même un peu bâtard, mais d’une amplitude et d’un gigantisme hors-normes - cela est d’ailleurs aussi vrai d’une certaine manière pour un scénario aux multiples versions et rédacteurs, qui prend quelques libertés certaines avec le support littéraire original. Il a beaucoup été écrit sur Le Magicien d’Oz et souvent à côté, que ce soit pour sa production houleuse (il serait dommage de ne pas mentionner l’anecdote des 350 nains interprètes des Munchkins ravageant les studios de la MGM par leurs débauches de violence et de lubricité) ou pour ses nombreuses interprétations mystico-psychanalytico-politico-fumeuses. L’essentiel se trouve bien entendu dans la réalité d’un film précurseur dans sa façon de capitaliser sur les attentes du public (un blockbuster avant l’heure, en quelque sorte) et devenu au fil des décennies une clé de voûte de la culture populaire américaine (constat bien moins vrai en Europe). On ne compte plus ni les diffusions ni les hommages pour ce film institutionnalisé au point d’être presque devenu incritiquable outre-Atlantique. D’une certaine manière, on comprend comment ce film a pu atteindre ce statut tant il demeure, aujourd’hui encore, un exemple absolu du conte de fées, genre dont il reprend toutes les figures imposées, mais avec ce mélange si particulier de premier degré (à la frontière de la mièvrerie) et de distanciation rigolarde, la confrontation des séquences en noir et blanc (prologue et épilogue) et de la partie merveilleuse au Technicolor flamboyant venant en particulier renforcer l’intéressante dualité de certains personnages. Soyons honnêtes : le spectateur adulte qui découvrira aujourd’hui Le Magicien d’Oz vierge de tout a priori (mais est-ce encore possible ?) risque véritablement d’être consterné / attendri par la délicieuse obsolescence d’un film par instants parfaitement ringard (précisons toutefois que d’autres séquences fonctionnent encore admirablement), en tout cas pas dénué de défauts (quelqu’un, un jour, a-t-il cru à Judy Garland dans ce rôle ?). Mais ce public-là risquant bien d’être minoritaire, et outre le jeune public qui demeure une cible privilégiée, affirmons que l’essentiel du Magicien d’Oz repose surtout dans le plaisir que les autres, ceux qui l’ont découvert gamins, ont à suivre une énième fois la « route de brique jaune » avec des personnages ayant bercé leur enfance et dont les rituelles retrouvailles (traditionnellement autour de Noël) sont, plus qu’un bonheur, une forme d’inavouable nécessité.

Antoine Royer


Olivier Bitoun Ronny Chester François-Olivier Lefevre Erick Maurel Antoine Royer Franck Suzanne
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