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La dernière flèche

Affiche de La dernière flèche

Pony Soldier

Réalisé par James Whale 

Western - États-Unis - 1952

Aucune diffusion prévue à ce jour.
Un hiver des années 30, dans un petit village d'Angleterre. Un homme surgit dans une auberge, couvert de bandages. Il prend une chambre, s’y enferme, et commence à raconter son histoire : il se présente comme étant le docteur Jack Griffin et il a mis au point une potion rendant invisible. Il est désormais pourchassé et ne connaît pas le remède pour retrouver son intégrité physique. Après Frankenstein (1931), James Whale s'intéresse à une autre célèbre figure du savant fou. Jack Griffin, comme le baron Frankenstein, est un scientifique brillant qui se hisse au niveau de Dieu, enfreignant les lois de la nature pour se mesurer à lui et le défier. Si dans un premier temps on plaint cet homme inquiet, perdu et paranoïaque, exclu du monde à cause de son pouvoir exceptionnel, Griffin se révèle être bel et bien un individu ivre de pouvoir qui, pris par un sentiment d'impunité et de supériorité, s'autorise à braver les interdits et à bafouer toutes les règles. Même si le scénario nous glisse l'excuse (absente du roman) d'un composé chimique agissant sur la personnalité de Griffin, c'est bien à une figure du mal absolu à laquelle nous avons affaire, absolu car invisible. La voix de Griffin résonne partout à la fois, et le mal qui s'empare de lui naît de ce don d'ubiquité qui lui permet de s'immiscer partout, de tout surveiller, d'être prêt à surgir non pas de l'ombre, territoire habituel des monstres, mais de la pleine lumière. Paranoïa, narcissisme, infantilisation sont les corolaires de son état. Point d'orgue du film : cette scène mémorable, intense, où il s'adresse à son entourage, et au spectateur : « Espèces de fous, vous mourez d'envie de savoir qui je suis... je vais vous le montrer. » Retirant ses lunettes, ses bandages, le vide apparaît, une absence infernale qui parvient à envahir l’écran. Cette scène, magnifiquement orchestrée par le spécialiste des effets spéciaux John P. Fulton, marqua les mémoires. Mais jamais James Whale ne se laisse emporter par la prouesse technique. La présence de son homme invisible, il la suggère la plupart du temps en suivant ses déplacements avec sa caméra comme s'il suivait une personne visible. Un procédé simple qui montre la croyance de l'artiste dans le simple pouvoir de suggestion du cinéma. Ou comment avec un simple panoramique accompagné de bruits de pas, il parvient à créer un corps, une présence. Whale, comme il est souvent coutume à l'époque, parsème son film de quelques instants détendus, comiques. Mais à contrario des autres réalisations utilisant ce procédé pour détendre le spectateur et le préparer à un nouvel assaut, ici l'humour acerbe est utilisé pour renforcer la présence maléfique de Griffin, son cynisme face à un monde qui n'est pour lui qu'une fourmilière qu'il convient d'écraser. Claude - Casablanca - Rains débute ici au cinéma dans un rôle qu'il habite surtout grâce à son inoubliable voix aux inflexions impérieuses. L'Homme invisible est l'un des fleurons de la vague fantastique portée par la Universal dans les années 30.

Olivier Bitoun



Olivier Bitoun Ronny Chester François-Olivier Lefevre Erick Maurel Antoine Royer Franck Suzanne
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