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La dernière flèche

Affiche de La dernière flèche

Pony Soldier

Réalisé par Sidney Lumet 

Western - États-Unis - 1952

Aucune diffusion prévue à ce jour.
Deux frères, Hank et Andy Hanson, ont - pour des raisons différentes - un urgent besoin d’argent. L’aîné, Andy, propose donc à son frère de monter ensemble un « coup » facile, à savoir le hold-up d’une bijouterie qu’ils connaissent bien, celle de leurs propres parents. Tout est prévu, personne ne sera blessé, ils ne seront jamais soupçonnés, et tous deux pourront être financièrement à l’abri. Mais à 7h58, ce samedi-là... Sidney Lumet est un cas à part, un cinéaste à l’ancienne qui persiste à croire, contre les vents de la tendance et les marées de la pseudo-modernité, qu’une bonne mise en scène est une mise en scène discrète, au service de son intrigue et surtout pas l’inverse. On lui aura donc, tout au long de sa carrière, souvent reproché sa sobriété, sans suffisamment réaliser à quelle point c’était celle-ci, subtile et réfléchie, qui faisait la grande réussite de bon nombre de films ayant acquis, pardon, mérité leur statut de classiques. Une fois de plus, et malgré le gimmick structurel d’un scénario achronologique (façon Guillermo Arriaga), Lumet arrive à imposer son élégante discrétion. Multiplication des points de vue, sens du cadre, tempo modéré, tout concorde à laisser progressivement l’insidieux poison de l’incompréhension s’insinuer entre des personnages éminemment solitaires, dont les réflexes individuels ne peuvent rien contre l’engrenage collectif qui les broie. Lumet avait déjà évoqué la cellule familiale dans plusieurs autres films (Family Business, Running on empty…) mais jamais ne l’avait-il envisagée de manière aussi cruelle, dans de tels rapports de pouvoir et de mensonge, avec une telle profondeur dramatique (le film explore froidement dans sa dernière partie des abysses de turpitude) - il est à noter que la décision de faire des deux protagonistes principaux, Andy (immensissime Philip Seymour Hoffman) et Hank, des frères ne figurait pas dans le scénario original et revient donc au metteur en scène. Son film est donc glaçant dans sa manière de décrire des personnages prenant toujours la mauvaise décision comme dans sa troublante galerie de seconds rôles (le « dealer zen » d’Andy, le terrifiant receleur de diamants...), à la manière en quelque sorte d’un film noir qui aurait radicalement opté pour la tragédie. Ainsi, ceux qui à la lumière de l’intrigue s’attendent à un thriller haletant peuvent passer leur chemin : Before the Devil Knows You’re Dead est un mélodrame, une tragédie familiale impitoyable où l’essentiel n’est pas dans les actions des personnages, mais dans leurs réactions aux évènements imposés par le destin. A ce sujet, plutôt que le l’instant déclencheur évoqué par le titre français, c’est donc le moment de latence qui suit ce basculement qui intéresse véritablement Lumet ; cet instant, évoqué par le sublime titre original, où les hommes se débattent pour échapper à la fatalité tout en sachant qu’elle finira par les détruire...

Antoine Royer



Olivier Bitoun Ronny Chester François-Olivier Lefevre Erick Maurel Antoine Royer Franck Suzanne
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