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La dernière flèche

Affiche de La dernière flèche

Pony Soldier

Réalisé par Liu Chia-liang 

Western - États-Unis - 1952

Aucune diffusion prévue à ce jour.
Liu Chia-liang, chorégraphe de génie, révolutionne avec Tang Chia le cinéma d’arts martiaux hongkongais. Ils apportent à leur arrivée à la Shaw Brothers (au milieu des années 60), et pendant leurs dix années de collaboration avec Chang Cheh, folie, légèreté et rythme à des scènes martiales jusqu’ici plutôt simplistes et terriennes. Lorsque le Wu Xia Pian (film de sabre) cède la place au Kung Fu Pian, Liu Chia-liang peut enfin réaliser son rêve de mettre en scène (Chang Cheh ne s’occupe pas des scènes martiales) le style de combat qui lui tient particulièrement à cœur. En effet, le chorégraphe est un héritier du Shaolin et un grand connaisseur du Hung Gar (qu’il apprend auprès de son père) et du Wing Chun (que sa mère lui a enseigné), deux styles venus du sud. Ce dernier a été inventé par un moine Shaolin, Hu Te-ti, et La 36ème chambre de Shaolin sera l’occasion pour Liu Chia-liang de le mettre tout particulièrement en avant. Liu Chia-liang participe ainsi à un cycle de films de Chang Cheh consacré au Shaolin, mais le cinéaste s’accommode mal de cet art martial dont la philosophie va à l’encontre des débordements de violence dont il est coutumier. De son côté, Liu Chia-liang a du mal à contenir les délires sado-masochistes de Chang Cheh et est frustré de voir la philosophie de son art de prédilection être parfois bafoué. La rupture est consommée lorsque Chang Cheh se dirige vers une représentation des arts martiaux irréalistes (il s’intéresse aux styles du nord), alors que Liu Chia-liang souhaite promouvoir auprès du public le « vrai kung fu ». C’est en partie pour cette raison qu’il passe à la mise en scène. Il réalise au milieu des années 70 quelques films qui vont marquer un tournant dans l’histoire du cinéma d’art martial, notamment en lançant avec The Spiritual Boxer la mode de la Kung Fu Comedy et en mettant en scène les combats de manière réaliste. En 1978, il peut enfin réaliser son rêve avec La 36ème chambre de Shaolin : Liu Chia-liang, à travers l’histoire de l’apprentissage par San Te (Gordon Liu, le frère adoptif du réalisateur) de la philosophie Shaolin, réalise un vibrant hommage à la beauté et l’esprit de cet art martial. Ce film, et ses suites (Retour à la 36ème Chambre en 1980 et Les Disciples de la 36ème Chambre en 1985), prennent pour cadre historique la domination du peuple chinois par les Mandchous et content la résistance qui s’installe avec la création de sociétés secrètes telle celle du clan Hung Gar (du nom de leur style martial). C’est dans ce contexte que San Te va faire l’apprentissage (via les 35 chambres d’initiation) du kung-fu au sein d’un temple Shaolin et, ce faisant, donner au spectateur une véritable leçon sur cette discipline. Liu Chia-liang décrit tout au long du film cet apprentissage de façon précise et ludique, voulue même comme didactique. Le cinéaste évacue la violence inhérente au cinéma de Chang Cheh, se focalise sur l’aspect non létal des combats et se laisse aller à son sens de l’humour potache. Magnifiquement monté, découpé, chorégraphié, La 36ème chambre de Shaolin est l’un des grands chefs-d’œuvre du genre. A écouter Tarantino (qui fera jouer Gordon Liu dans Kill Bill), il s’agirait même du plus beau film de Kung Fu jamais réalisé.

Olivier Bitoun



Olivier Bitoun Ronny Chester François-Olivier Lefevre Erick Maurel Antoine Royer Franck Suzanne
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