Chercher un film :

La dernière flèche

Affiche de La dernière flèche

Pony Soldier

Réalisé par John Carpenter 

Western - États-Unis - 1952

Aucune diffusion prévue à ce jour.
New York, 1997 : pour répondre à une criminalité en hausse de 400%, Manhattan a été isolée afin d'en faire une immense prison à ciel ouvert où trois millions d'individus croupissent. Suite à une action terroriste, l'avion présidentiel s'écrase dans Manhattan. Le gouvernement propose à Snake Plissken, un dangereux criminel qui vient d'être arrêté, de mener une opération commando afin de récupérer le président en échange de sa liberté. Marché truqué, Bob Hauk, le chef de la police, inoculant à Plissken une bombe corporelle à retardement qui lui donne seulement 24 heures pour remplir sa mission. Comme Walter Hill avec « Les Guerriers de la nuit » réalisé deux ans plus tôt, Carpenter signe avec « Escape from New York » un véritable comic book d’anticipation qui décrit la déliquescence d’une grande mégalopole. Et tout comme chez Hill, la série B est porteuse du regard aigu d'un cinéaste sur les dérives de la société américaine. La plongée de Snake Plissken dans l'enfer de Manhattan devient une autopsie de cette Amérique qui vient de porter Ronald Reagan au pouvoir, Amérique de la ghettoïsation dont l'île-prison n'est qu'une extrapolation à peine exagérée. Charge politique féroce, le film n’oublie jamais qu’il est aussi, et avant tout, un actioner de haute volée, placé comme souvent chez Carpenter sous le signe du western : « Snake Plissken est un gunfighter solitaire qui se révolte à la fois contre l’autorité et les hors-la-loi » s'explique le réalisateur. Durant tout le film, on ne cesse d'accoster Plissken, surpris (« I thought you were dead ! ») comme s'il était une figure mythique de la légende de l'Ouest soudain surgie des brumes du passé américain. Mais les temps ont changé et le héros incarné en son temps par John Wayne ou Gary Cooper est devenu un personnage cynique, amoral, qui pousse encore plus loin les limites déjà franchies par les modèles de Plissken que sont l'Homme sans nom de la trilogie des dollars ou « Dirty Harry ». Plissken ne se fait pas le défenseur de la veuve et l’orphelin (il passe sans sourciller devant une femme qui se fait violer), il est un "bounty hunter" qui avance, implacable, vers sa cible, dans le seul but de survivre à l'enfer qui l'entoure et dont il fait lui même partie. Le nihilisme du personnage répond à celui de Carpenter, anarchiste de droite qui signe ici l'une des ses charges les plus virulentes contre le système. Avec son Cinémascope magnifique, LE format de Carpenter, « Escape from New York » est une formidable leçon de cinéma. Bénéficiant pour la première fois d'un budget correct (sept millions de dollars), John Carpenter doit cependant faire preuve d'une constante inventivité pour parvenir à créer, pour une somme qui reste malgré tout modique, la vision futuriste qu'il a en tête. Sa capacité à nous donner à voir plus qu’il ne montre vraiment donne à l’écran un résultat qui n’a aucunement à rougir face aux blockbusters des grands studios. On trouve d’ailleurs James Cameron au générique et c’est à lui que l’on doit les matte paintings criants de vérité du film. La réalisation sèche de Carpenter accompagne à merveille un récit simple et direct d’une efficacité redoutable, le réalisateur jouant sur l'icônisation de son héros et la portée mythique de ses actes. Mené par un casting impérial où se succèdent de vraies gueules de cinéma (Lee Van Cleef, Donald Pleasence, Harry Dean Stanton, Ernest Borgnine, Isaac Hayes) et par le charisme naturel de Kurt Russell (imposé par le cinéaste au studio), « Escape from New York » est un modèle du genre, un film racé, hargneux, qui va lancer dans son sillage toute une série d’ersatz aussi inutiles que faisandés. N’est pas Carpenter qui veut...

Olivier Bitoun



Olivier Bitoun Ronny Chester François-Olivier Lefevre Erick Maurel Antoine Royer Franck Suzanne
4 6

: clAssik : À ne pas rater : À découvrir
: À l'occasion : À vos risques et périls : À fuir

Soyez le premier à déposer un commentaire.

Déposer un commentaire

Nom
Appréciation
Commentaire