Chercher un film :

La dernière flèche

Affiche de La dernière flèche

Pony Soldier

Réalisé par Aktan Abdykalykov  Joseph M. Newman  

Western - États-Unis - 1952

Aucune diffusion prévue à ce jour.
Deuxième volet d’une trilogie semi – autobiographique amorcée avec le moyen–métrage "La Balançoire", "Le Fils adoptif" est une chronique de l’enfance ayant pour cadre un village rural des montagnes du Kirghizistan (ex–République Soviétique) dans les années 60. Le film s’ouvre sur un cérémonial au cours duquel cinq vieilles femmes (traduction du titre original) offrent à un couple stérile un enfant issu d’une famille nombreuse. La séquence, en couleur, est suivie du corps du film en noir et blanc, où Azate (joué par le fils du réalisateur) va passer de l’enfance à l’adolescence, à travers une série d’expériences initiatiques. Son passage à l’adolescence se fait par une suite de rites : ainsi la découverte de la sexualité se fait par la reproduction, telle un cérémonial immuable, de ce qu’il avait vu faire en cachette, et sa découverte de la mort (celle de sa grand-mère) est l’occasion de clore le film sur un enterrement répondant à la cérémonie fondatrice du film. La grande richesse du film tient à ses images d’une beauté éblouissante. Peintre formé aux beaux-arts, Abdykalykov, arrivé au cinéma par hasard en tant que décorateur à la Kyrghyzfilm, voit en ce médium la possibilité de « peindre ses tableaux à l’écran ». Noir et blanc somptueux ponctué de fragments de couleurs (représentation pour le cinéaste de « pics de mémoire »), plans dont l’équilibre formel se conjugue à une durée qui ne sombre jamais dans l’afféterie, tout concours à une vision simple et poétique de la vie du peuple Kirghiz, qui est d’après Abdykalykov calme, serein, en harmonie avec la nature. Cette dernière est omniprésente dans le film : bande sonore fondée sur le silence, le plus souvent percée que par les bruits des oiseaux et du vent ; présence constante de la terre (fabrication de briques, jeux des enfants, boules de boue de la grand-mère…) ; évocation documentaire du travail des bergers… Le film, évitant les écueils d’une étude ethnologique, est le témoin d’un peuple aux coutumes immuables, coupé du monde par sa vie à 4000 mètres. Cet enfermement est suggéré dans le film par des plans clos, aux perspectives bloquées, où le ciel est le plus souvent absent, ou encore par cette image récurrente d’un oiseau se cognant à une vitre, représentation d’Azate, qui doit abandonner toute velléité de partir, et doit s’intégrer à cette société.

Olivier Bitoun



Olivier Bitoun Ronny Chester François-Olivier Lefevre Erick Maurel Antoine Royer Franck Suzanne
4 6

: clAssik : À ne pas rater : À découvrir
: À l'occasion : À vos risques et périls : À fuir

Soyez le premier à déposer un commentaire.

Déposer un commentaire

Nom
Appréciation
Commentaire